Hong Kong : pourquoi les députés pro-démocratie vont tous démissionner

Les députés pro-démocratie se donnent la main lors d'une conférence de presse au bâtiment du Conseil législatif le 11 novembre 2020 à Hong Kong

Hong Kong : tous les députés pro-démocratie annoncent leur démission pour dénoncer l'influence grandissante de

Londres avait dénoncé mercredi " une nouvelle attaque contre le haut degré d'autonomie et les libertés de Hong Kong " et Berlin avait critiqué une " tendance à saper le pluralisme et la liberté d'expression " dans l'ex-colonie.

L'Union européenne a demandé jeudi à la Chine de revenir " immédiatement " sur les décisions qui ont entraîné la révocation de quatre députés pro-démocratie à Hong Kong mercredi matin.

. "Nous démissionnerons en masse ", avait promis quelques jours plus tôt Wu Chi-wai, le leader du bloc pro-démocratie du LegCo. Seuls 35 députés sont élus au suffrage universel direct, offrant aux 7,5 millions d'habitants une occasion rare d'exprimer leur opinion dans les urnes.

L'Union européenne suit de près la situation politique à Hong Kong, suite à l'imposition de la loi sur la sécurité nationale le 30 juin et au report de douze mois des élections du Conseil législatif qui devaient avoir lieu le 6 septembre.

Washington a annoncé lundi 9 novembre de nouvelles sanctions contre quatre responsables de Hongkong supplémentaires, accusés de restreindre les libertés dans le territoire semi-autonome chinois sous la pression de Pékin.

Ces démissions sont intervenues alors que le camp pro-démocratie et les dissidents sont les cibles d'une répression accrue des autorités locales alignées sur le gouvernement chinois. "Si le respect des procédures, la protection des systèmes et des fonctions et la lutte pour la démocratie et les droits de l'Homme entraînaient une exclusion, ce serait un honneur pour moi", a déclaré mercredi à la presse Dennis Kwok, l'un des quatre députés exclus. Les autres sont principalement désignés par des groupes socioprofessionnels acquis à la Chine continentale.

Le gouvernement américain avait déjà annoncé des sanctions contre la chef de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, et une dizaine d'autres responsables en riposte à l'adoption par la Chine d'une loi sur la sécurité nationale qui remet largement en cause l'autonomie dont bénéficiait le territoire.

Plus de 10.000 personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations et les tribunaux croulent sous le nombre d'affaires à juger, la plupart concernant des députés de l'opposition ainsi que des figures du mouvement pro-démocratie.

Les détracteurs de la loi sur la sécurité nationale, qui a été adoptée en contournant le LegCo, affirment que le texte porte un coup fatal principe "Un pays, deux systèmes", au cœur de l'accord de rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni, et qui était censé garantir jusqu'en 2047 des libertés inconnues en Chine continentale.

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