Des manifestants mettent le feu au parlement (vidéo) — Guatemala

Parlement incendié – Budget décrié au Guatémala : le vice-président demande au Chef de l'État de démissionner

En colère contre le président, des Guatémaltèques incendient leur parlement

"Je préfère mourir en tant que rebelle plutôt que vivre en tant qu'esclave" et "Giammattei, dehors", pouvait-on lire sur des banderoles de manifestants, réunis sur la place centrale, en face de l'ancien siège du gouvernement, dans le centre historique de la capitale, a constaté un photographe de l'AFP.

Les manifestants reprochent notamment au président d'avoir donné son aval au budget controversé de près de 13 milliards de dollars, le plus important de l'histoire du pays.

Mais ce nouveau budget a suscité la colère de milliers de Guatémaltèques qui sont descendus dans la rue pendant le week-end pour dénoncer le manque de moyens pour lutter contre la pauvreté.

Les protestataires réclament le départ du président Giammattei, un médecin de 64 ans, au pouvoir depuis janvier, en rejetant le budget 2021.

En fin de manifestation, samedi, le siège du Parlement a été incendié et près de 40 personnes interpellées. Il a toutefois souligné que la suspension du budget devait ouvrir " un espace de discussion ". L'Université de San Carlos, la seule université publique du pays, a de son côté appelé à la grève.

La procureure générale, Consuelo Porras, a annoncé, lundi, l'ouverture d'enquêtes, à la fois sur les manifestations et sur la répression policière, qui a fait une vingtaine de blessés chez les manifestants, dont deux ont perdu un œil.

Le chef de l'État a publié dimanche un communiqué appelant au dialogue, tout en assurant que les actions violentes de samedi était le fait de "groupes minoritaires qui cherchent à imposer un véritable coup d'Etat". À son tour, M. Rodriguez a accusé hier les manifestants d'avoir voulu " rompre avec l'ordre constitutionnel " et a qualifié l'incendie du Parlement d'" acte terroriste ". Il a toutefois souligné que la suspension du budget devait ouvrir "un espace de discussion". Avant la pandémie de coronavirus, le pays fournissait, avec le Honduras et le Salvador voisins, un des plus gros contingents de migrants clandestins se jetant sur les routes en direction des États-Unis pour fuir la misère et la violence.

Le Congrès a approuvé des prêts de plus de 3,8 milliards de dollars pour faire face à la pandémie de coronavirus, bien que moins de 15 % de ces ressources aient été investies.

La gestion de la crise provoquée par la pandémie a été sévèrement critiquée par les opposants politiques et des secteurs de la société, dénonçant notamment des carences dans les hôpitaux.

Selon les données officielles, le pays a enregistré 11 8417 cas de contaminations et 4074 morts de la COVID-19. L'une des principales révélations de cette commission avait été la fraude douanière qui avait conduit à la démission en 2015 du président Otto Pérez (2012-2015), accusé de diriger un réseau de collecte de pots-de-vin.

Dernières nouvelles