Policiers accusés de violences racistes : Darmanin se prononce

Producteur tabassé à Paris enquête pour

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin le 10 novembre 2020 à l'Elysée à Paris

Trois policiers français ont été suspendus jeudi, après le tabassage d'un producteur de musique, documenté par une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux. Le ministre de l'Intérieur avait dénoncé sur Twitter des images " choquantes ". Sur les images de vidéosurveillance de ce studio, on voit les trois fonctionnaires de police entrer dans le studio en agrippant l'homme puis le frapper à coups de poing, de pied ou de matraque.

Gérald Darmanin a demandé au préfet de police de "suspendre à titre conservatoire les policiers concernés", comme il l'a écrit dans un tweet. Ce jeudi, Gérald Darmanin a demandé la suspension "à titre conservatoire" de ces agents. Sans ces images-là, moi je suis en prison aujourd'hui, " témoigne " Michel " auprès de Loopsider.

La suite de l'enregistrement vidéo montre des personnes, qui se trouvaient dans le sous-sol du studio selon l'AFP, et qui parviennent à rejoindre l'entrée.

Puis les images tournées par des riverains et dévoilées par Loopsider montrent les policiers pointer leurs armes dans la rue et intimer à "Michel" de sortir du studio. Sous l'œil d'une caméra de surveillance, les policiers ont tenté d'étrangler Michel, qui affirme avoir été traité à plusieurs reprises de "sale nègre". Les policiers tentent ensuite de forcer la porte et jettent à l'intérieur du studio une grenade lacrymogène. Mais finalement cette enquête a été classée et le parquet de Paris a ouvert mardi une nouvelle procédure pour "violences par personnes dépositaires de l'autorité publique" et "faux en écriture publique", confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices.

Selon leur procès verbal consulté par l'AFP, les trois policiers sont intervenus samedi dernier pour tenter d'interpeller "Michel" pour défaut de port du masque.

Après cette interpellation violente, l'homme a dans un premier temps été placé en garde à vue, dans le cadre d'une enquête pour "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique" et "rébellion".

"Sollicitée par l'AFP, la Défenseure des droits a indiqué avoir elle aussi ouvert une enquête sur les violences subies par "'Michel".

Michel, qui a d'abord eu six jours d'ITT après son agression, a été hospitalisé dans la soirée de ce mercredi 25 novembre après avoir fait un malaise. Le patron de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon estime que ces images sont la "preuve terrible du caractère vital du droit à filmer l'action policière". "Le préfet Lallement doit partir". Voyant une voiture de police à proximité et n'ayant pas de masque, il rentre précipitamment dans son bâtiment, de peur d'être verbalisé.

"Ces images sont insoutenables", a également réagi sur Twitter le premier adjoint à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire. Pour ce dernier, "ces images et les propos tenus par les policiers sont inacceptables, intolérables" et "il faut de l'ordre dans ce pays, mais sans injustice". "Tolérance zéro contre le racisme et contre cette violence, qui n'ont pas leur place dans notre République".

Des élus de gauche et des écologistes ont demandé au gouvernement de retirer l'article 24 du projet de loi " Sécurité globale ", qui interdit de filmer un policier " dans le but qu'il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique ".

Ce texte, qui doit être examiné au Sénat, a suscité de vives critiques de la part des journalistes et des défenseurs des libertés.

Quelques jours après l'évacuation violente de réfugiés place de la République à Paris, une nouvelle affaire embarrasse le ministère de l'Intérieur.

Mardi, le parquet de Paris avait déjà ouvert deux enquêtes relatives à des faits de "violences", l'une sur un migrant et l'autre sur un journaliste, dont sont soupçonnés des policiers lors de l'évacuation brutale d'un campement de migrants, dans la capitale, lundi soir.

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