Un syndicat lycéen pro-gouvernement financé par le ministère?

Jean-Michel Blanquer le ministre de l’Éducation nationale

Jean-Michel Blanquer le ministre de l’Éducation nationale

L'affaire suscite déjà un tollé dans le monde étudiant et met Jean-Michel Blanquer dans la tourmente. Selon le site, le ministère était informé de ces dérapages depuis juillet.

Les syndicats lycéens ont dénoncé samedi une " propagande d'État " et une tentative " d'étouffer " la contestation dans l'Éducation nationale après de nouvelles accusations visant l'organisation de jeunesse Avenir Lycéen, qui aurait été téléguidée par le ministère. Dans un communiqué, la Fidl a dénoncé un "dévoiement total de la cause syndicale et une insulte faite aux jeunes" et exhorté Jean-Michel Blanquer à saisir la justice pour qu'une enquête judiciaire soit ouverte.

Dans une enquête publiée samedi, Libération assure que ce syndicat lycéen, créé en 2018, " a germé rue de Grenelle, dans l'entourage proche de Jean-Michel Blanquer, pour servir la communication du ministre, et surtout rompre tout dialogue avec les syndicats lycéens " opposés à ses réformes, notamment celle du bac. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a ainsi appelé ce mardi le ministre Jean-Michel Blanquer à "s'expliquer" sur le "scandale" de ses liens avec le syndicat "Avenir lycéen".

Suite aux révélations de Libération, 28 élus France insoumise, communistes et socialistes ont réclamé vendredi soir l'instauration d'une commission d'enquête parlementaire.

Le syndicat l'UNL, avait quant à lui annoncé une plainte après les révélations de Mediapart.

Le syndicat MNL voit lui dans " Avenir lycéen ", " une entreprise politique n'ayant pas hésité à manipuler certains de nos jeunes camarades lycéens (...) afin de servir les intérêts du ministre ". " Peut-être a-t-il existé une époque où des partis constituaient des syndicats, a-t-il ironisé. "Proposer et en finir avec l'opposition systématique", a-t-il indiqué dans un communiqué. L'ancien ministre de l'Éducation nationale ne le pense pas: "L'espèce de présentation hyperbolique d'un risque formidable parce qu'un jeune lycéen a mal utilisé sans doute la carte bleue du syndicat, franchement, par rapport au temps de crise que nous vivons, par rapport à ce qui nous attend et à ce qui vient, à ce qui attend tous ces jeunes qui sont là, ça ne me parait du même ordre de grandeur", a-t-il estimé.

Selon le Premier ministre, en 2020, le ministère a versé 156.000 euros à toutes ces associations lycéennes, et Avenir lycéen, qui a obtenu deux sièges sur quatre au Conseil supérieur de l'éducation, a obtenu 30.000 euros de subventions. " Chacun appréciera s'il s'agit d'un montant excessif ", a relativisé Jean Castex, en indiquant que la direction générale de l'enseignement scolaire du ministère avait " immédiatement engagé, à la demande du ministre, un contrôle sur pièces des éléments comptables que doit produire cette association ".

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