Un scientifique spécialiste du nucléaire assassiné, Israël pointé du doigt — Iran

Un scientifique nucléaire iranien assassiné près de Téhéran, un ministre accuse Israël

Iran : Un scientifique du programme nucléaire assassiné à Téhéran

"Nous avons pris note des informations relatives à l'assassinat d'un scientifique nucléaire iranien aujourd'hui près de Téhéran".

"Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a condamné cet assassinat, dénonçant un " acte terroriste " et évoquant des " indications sérieuses du rôle d'Israël ".

Il a appelé la communauté internationale à "mettre un terme à ses honteuses positions ambivalentes et à condamner cet acte terroriste ". Le chef d'état-major, le général de division Mohammad Baghéri, a lui prévenu qu'une "vengeance terrible" attendait "les groupes terroristes et les responsables et les auteurs de cette tentative lâche".

La mort de Mohsen Fakhrizadeh, 59 ans, est un "coup amer et lourd ", a tweeté M. Baghéri, selon l'agence de presse étatique Irna, assurant que les Iraniens "n'auront pas de repos tant que nous n'aurons pas pourchassé et puni " les personnes impliquées. Le ministère ajoutant par la suite que l'équipe médicale n'était pas parvenue à le ranimer.

" Des terroristes ont fait exploser une voiture avant de tirer sur la voiture de M. Fakhrizadeh", avaient-elles indiqué.

Des images et vidéos de la scène montrent une berline noire sur le bas-côté d'une route, le pare-brise criblé d'impacts de balles.

Le ministre de la Défense, Amir Hatami, a relevé vendredi soir à la télévision que Mohsen Fakhrizadeh avait eu un "rôle marquant dans les innovations de défense". "Il gérait la défense nucléaire et faisait un travail considérable", a-t-il ajouté, sans autre précision.

"Les informations dont disposait l'Agence avant novembre 2011 indiquaient que l'Iran avait pris, grâce à un certain nombre de structures de gestion différentes et évolutives, des dispositions pour que soient entreprises des activités à l'appui d'une dimension militaire possible de son programme nucléaire", écrit-elle dans ce rapport.

" Souvenez-vous de ce nom, Fakhrizadeh", avait déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un discours prononcé en 2018 au cours duquel il avait révélé l'existence de ces documents.

Et le quotidien américain New York Times a rapporté mi-novembre qu'Abdullah Ahmed Abdullah, alias Abou Mohammed al-Masri et numéro deux d'Al-Qaïda, avait été abattu à Téhéran par des agents israéliens, lors d'une mission secrète commanditée par Washington. C'est le deuxième assassinat qui cible un haut responsable iranien en l'espace d'un an.

La tension risque de monter d'un cran quelques semaines avant le départ de Donald Trump aux USA. "Nous frapperons les tueurs telle la foudre".

Cet assassinat intervient moins de deux mois avant l'investiture du démocrate Joe Biden à la présidence des États-Unis.

La mort de Mohsen Fakhrizadeh pourrait compliquer la volonté affichée par le futur 46e président des Etats-Unis de réamorcer la politique de détente avec l'Iran initiée par Barack Obama mais remplacée par une politique de "pression maximale" par l'administration Trump.

LIRE AUSSI Que reste-t-il de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015? L'Iran a toujours nié vouloir d'un tel armement. Pour l'ancien patron de la CIA, John Brennan, ce nouvel assassinat peut entraîner des " représailles létales et une nouvelle phase de conflit régional ".

"C'est un pilier du programme de recherche nucléaire iranien depuis de longues années", confirme Pierre Razoux, directeur de recherche à l'Institut de recherche stratégique de l'école militaire et spécialiste de l'Iran, sur France 24.

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