43 agriculteurs égorgés par des djihadistes — Nigeria

Nouveau massacre musulman au Nigeria

Nigeria : 43 agriculteurs égorgés par des djihadistes

Au petit matin, ce dimanche 29 novembre, le gouverneur de l'État de Borno a assisté à l'enterrement des fermiers, assassinés samedi dans leurs champs par les hommes du groupe Boko Haram.

"Nous avons enregistré des niveaux d'insécurité alimentaire similaire à ceux de 2016-2017, au pic de la crise humanitaire, lorsque le risque de famine menaçait le nord-est", a déclaré en novembre le coordinateur humanitaire de l'ONU au Nigeria, Edward Kallon. Elle s'est produite dans une rizière située à moins de dix kilomètres de Maiduguri, la capitale de l'Etat du Borno, épicentre de l'insurrection islamiste. Le mois dernier, 22 agriculteurs avaient déjà été tués dans leurs champs, situés non loin de cette ville. "C'est sans aucun doute l'œuvre de Boko Haram, qui opère dans la région et attaque fréquemment les agriculteurs ", a estimé Babakura Kolo qui a participé à l'évacuation des victimes. Il s'agit selon lui de la "plus violente attaque contre des civils innocents cette année". Depuis cette date, on dénombre plus de 36 000 tués et plus de deux millions de personnes ont dû fuir leur foyer.

Les attaques des deux groupes terroristes ciblent de plus en plus fréquemment des bûcherons, agriculteurs et pêcheurs.

Les habitants du Nigeria désignent indistinctement les jihadistes de cette région comme des éléments de Boko Haram, qu'ils appartiennent à ce groupe ou à l'Iswap, le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest.

Le gouverneur avait affirmé dimanche que 70 agriculteurs avaient été tués, tout en prévenant que ce bilan pourrait s'alourdir dans les prochaines heures. Les victimes étaient des ouvriers de l'Etat de Sokoto dans le nord-ouest du pays.

Le sort de ces agriculteurs nigérian, emportés par les djihadiste.

L'attaque est survenue le jour des élections des représentants et conseillers régionaux des 27 circonscriptions de l'État du Borno, un scrutin repoussé depuis 2008 pour des raisons de sécurité.

Depuis plusieurs mois, les autorités ont encouragé les personnes déplacées à retourner dans leur village, affirmant qu'il n'était plus possible financièrement de les prendre en charge, les déplacés dépendant presque entièrement de l'aide humanitaire pour survivre et n'ayant plus accès à leurs champs. Ils les accusent d'espionner et de transmettre des informations aux militaires et milices qui combattent les violences djihadistes dans la région. Environ 4,3 millions de personnes ont été victimes d'insécurité alimentaire en juin 2020, durant la soudure, période de l'année précédant les premières récoltes et pendant laquelle le grain peut donc venir à manquer.

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