L'Iran évoque une "méthode sophistiquée" et accuse le Mossad — Scientifique assassiné

Menaces iraniennes contre les Emirats

Après l'assassinat du physicien iranien Mohsen Fakhrizadeh : Téhéran compte revoir sa politique nucléaire

"Un tel crime nécessite une réponse rapide (...) et la meilleure réponse est de relancer la brillante industrie nucléaire de notre pays en mettant fin à la mise en œuvre volontaire du protocole additionnel et en empêchant les régimes d'inspection sans précédent de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)", ont déclaré hier les parlementaires iraniens dans leur communiqué. Selon le vice-président iranien Ali Akbar Saléhi, chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Fakhrizadeh avait obtenu un doctorat en "physique et ingénierie nucléaire" et avait travaillé pour sa thèse avec Fereydoun Abbassi Davani, ex-chef de l'OIEA lui-même visé par une tentative d'assassinat en 2010.

Mohsen Fakhrizadeh a été tué vendredi dans une attaque au véhicule piégé suivie d'une fusillade contre sa voiture, selon le ministère de la Défense iranien, qui a présenté la victime comme le chef de son département recherche et innovation, chargé notamment de la " défense antiatomique ".

Après une cérémonie spéciale dans deux des principaux lieux saints chiites d'Iran (à Machhad, dans le Nord-Est, et Qom, dans le Centre), sa dépouille devait transiter par le mausolée de l'Imam-Khomeiny, à Téhéran, pour un nouvel hommage. D'autant que l'Iran a pointé du doigt Israël, l'accusant d'avoir voulu semer le chaos, et laissant entendre que l'Etat avait agi avec la bénédiction des États-Unis. De son côté, le président iranien Hassan Rohani a promis samedi une riposte "en temps et en heure". Un acte attribué à Israël pour lequel l'Iran mûrit sa réponse. Depuis l'annonce de la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine, H. Rohani a multiplié les signes d'ouverture montrant sa volonté de sauver ce qui peut l'être de l'accord nucléaire.

Ce pacte offre à Téhéran un allègement des sanctions internationales en échange de garanties, vérifiées par l'AIEA, destinées à attester de la nature exclusivement pacifique de son programme nucléaire.

Le physicien a été qualifié par le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, de père du programme iranien d'armement nucléaire. Les sanctions imposées ou réimposées par Washington ont étouffé l'économie iranienne.

M. Biden a dit, lui, vouloir faire revenir les Etats-Unis dans l'accord de Vienne. Cet organe de l'ONU estimait qu'il avait dirigé, à partir du début des années 2000, des "activités à l'appui d'une dimension militaire possible" du programme nucléaire iranien commencé "à la fin des années 1980" avant d'être regroupé sous sa direction dans un projet baptisé AMAD, jusqu'à être abandonnées "fin 2003".En mars 2007, le même Fakhrizadeh avait été visé par des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU avec d'autres "personnes concourant au programme nucléaire ou de missiles balistiques" de l'Iran. Le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf, a plaidé pour "une réaction forte" susceptible d'assurer "dissuasion" et "vengeance".

Conformément à l'accord de Vienne, Téhéran a accepté de se plier aux exigences de ce document prévoyant un accès illimité des inspecteurs de l'AIEA à ses installations nucléaires, avant même sa ratification par le Parlement.

Depuis vendredi, les plus ultras des conservateurs iraniens crient haro sur les inspecteurs de l'Agence.

" Non seulement nous interdirons leurs visites, mais aussi leurs entretiens avec des experts ou des scientifiques", a ainsi déclaré le député Mahmoud Nabavian à l'agence Tasnim.

L'assassinat de Mohsen Fakhrizadeh, scientifique iranien lié au programme nucléaire, fait des remous dans la région. "Nous savions qu'il avait été menacé à plusieurs reprises et qu'il était suivi.".

Dans un violent éditorial, le journal ultraconservateur Kayhan a appelé à attaquer le port israélien d'Haïfa de façon a " détruire totalement ses infrastructures " et à faire de nombreux morts s'il est " prouvé " qu'Israël est derrière la mort de Fakhrizadeh.

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