Suivez en direct l'audition à l'Assemblée de Gérald Darmanin — Violences policières

Le ministre français de l'Intérieur Gerald Darmanin sur le plateau de France 2 le 26 novembre à Paris

Le ministre français de l'Intérieur Gerald Darmanin sur le plateau de France 2 le 26 novembre à Paris

Il a dénoncé " des actes inqualifiables ", " commis par ceux qui portent l'uniforme de la République ". Interrogé sur le ministre de l'Intérieur, cible de vives critiques, il a répondu: " Je ne suis pas l'avocat de Gérald Darmanin, je ne serai certainement pas son procureur ". Il a mis quelques propositions sur la table, sans donner de calendrier précis. Le président de la République a souhaité évoquer le contexte autour de la contestation de la loi de sécurité globale et de son très controversé article 24, selon le quotidien. La majorité annoncera quant à elle "une nouvelle écriture complète de l'article 24", a annoncé Christophe Castaner.

La police et la gendarmerie sont profondément républicaines. "Je ne l'aurais pas nommé (.) N'est pas Maurice Grimaud qui veut", a-t-il taclé dimanche sur BFMTV, sans plus d'explications, faisant référence au préfet de Paris pendant les manifestations de mai 1968, connu notamment pour avoir écrit aux policiers: "Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même". Il a également estimé qu'une telle opération pouvait s'apparenter à de la "provocation" à l'égard des forces de l'ordre.

La formation continue des forces de l'ordre laisserait également à désirer. Alors qu'ils bénéficient de 12 heures par an pour se mettre à jour, les policiers ne seraient que "20%" à les avoir effectuées dans leur totalité en 2019. Réunion dès ce soir autour de Jean Castex avec une exigence du chef de l'Etat: aller vite. Il faut "recréer un corps intermédiaire d'encadrement plus nombreux auprès des policiers et des policiers et des gendarmes sur le terrain", a-t-il argumenté.

Sur la question de l'inspection générale de la police nationale (IGPN), le ministre de l'intérieur a déclaré que, " comme toute institution, elle mérite évidemment d'être regardée, interrogée, discutée, améliorée ". En revanche, il s'est dit opposé à en faire une "autorité administrative indépendante", comme le plaident les ministres de l'aile gauche du gouvernement. "En aucun cas, nous ne voulons demander aux journalistes de s'accréditer dans une manifestation", a-t-il insisté. "Les sanctions administratives ne sont pas toujours appliquées." .

Pendant ce temps, la mobilisation contre la proposition de loi grandit: plus de 130 000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur, 500 000 selon les organisateurs, ont défilé samedi dans une centaine de villes de France contre le texte et plus largement contre les violences policières, des affrontements parfois violents émaillant certaines manifestations notamment à Paris.

Après avoir voté le texte, la majorité recule.

Le ministre a aussi dit qu'il n'était pas "un fétichiste des chiffres", laissant entendre que l'avenir de l'article 24 pouvait être de se fondre dans l'article 25 du futur projet de loi sur les principes républicains, dont la rédaction vise une protection de la vie privée de tous les fonctionnaires.

Face aux députés, Gérald Darmanin a reconnu que la police souffrait de plusieurs péchés capitaux.

L'évolution qui l'inquiète le plus est à chercher plutôt du côté de "l'augmentation constante des refus d'obtempérer et des policiers blessés, et je ne parle même pas des insultes", a-t-il regretté. Pour Olivier Marleix (LR), le "malaise" policier est d'abord à chercher du côté de "la répression de crises à répétition, dont celle de l'article 24 n'est qu'une énième illustration".

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