15 ans de réclusion requis contre Joël Le Scouarnec — Pédophilie

Assises de la Charente-Maritime : Joël Le Scouarnec conteste avoir violé sa jeune voisine

Le procès de Joël Le Scouarnec a démarré le 30 novembre. Il devrait s'achever jeudi 3 décembre

Croquis de l'audience du 13 mars 2020 lors du procès de Joël Le Scouarnec devant les assises à Saintes (Charente-Maritime). D'abord un suivi socio-judiciaire pendant dix ans, et cinq ans de plus si le suivi est interrompu, une injonction de soins, une obligation d'indemnisation des victimes, le ré-examen de sa dangerosité à la fin de sa peine, l'interdiction de tout contact avec des mineur.e.s, l'interdiction de ses droits civiques et familiaux, ainsi qu'une révocation de son sursis pour sa condamnation en 2005 pour détention d'images pédo-pornographiques.

Les avocats des parties civiles, dont Me Satta qui représente la famille de la voisine de Le Scouarnec, six ans à l'époque, qui l'avait dénoncé pour un viol commis à travers la clôture du jardin, devraient plaider demain. D'après l'enquête, plusieurs proches, dont son ex-femme, qui le conteste, avaient eu connaissance de ses penchants pédophiles dès les années 90. "La décision de la cour et du jury composé de quatre femmes et deux hommes est attendue dans la soirée, après les plaidoiries de la défense".

"L'une des deux a réussi à le faire craquer". En marge de l'audience, Jean-Christophe Boyer, avocat de l'association partie civile l'Enfant bleu résume la déception qui domine depuis lundi le banc des victimes à Saintes.

Cette fillette, âgée aujourd'hui de 10 ans a permis son arrestation en 2017.

Depuis, il reconnaissait des agressions sexuelles, mais niait les faits plus graves de viols, dans ce volet où "l'omerta " de la famille est dénoncée à l'unisson par les parties civiles.

"Il n'en démord pas, témoigne ce mercredi l'avocat de Joël Le Scouarnec, Me Thibaut Kurzawa, à propos des dénégations de son client".

A Saintes, ne sont examinés qu'une infime partie des faits désormais reprochés au chirurgien: depuis octobre, il est mis en examen dans un deuxième volet à Lorient pour viols et agressions sexuelles sur 312 victimes potentielles identifiées à la lumière de ses "carnets", retrouvés chez lui en 2017, dans lesquels il avait consigné le récit de leurs agressions sur 30 ans de carrière à l'hôpital. Il n'avait jamais été dénoncé.

Les aveux de Le Scouarnec sont "très stratégiques", a estimé Me Satta, évoquant la "manipulation" et la "domination" de l'accusé: "Il est dans un échiquier et il avance plutôt bien ses pions". Mardi, il a reconnu des faits sur trois victimes anciennes dans les années 80, sans conséquence pour lui car ces cas étaient prescrits. Pour la première fois, mercredi 2 décembre, l'accusé a avoué avoir violé ses deux nièces, les filles de sa sœur.

Le "soulagement " des nièces après ces aveux a été de courte durée.

"Tout ce qu'elles disent est vrai", a lancé l'accusé dans son box, selon plusieurs avocats. L'accusé dit ne pas s'en souvenir.

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