Brexit: moins d'un mois avant la rupture et toujours pas d'accord

Le négociateur européen pour le Brexit Michel Barnier le 29 novembre 2020 à Londres

Le négociateur européen pour le Brexit Michel Barnier le 29 novembre 2020 à Londres

Signe des divergences qui gagnent les Etats membres, plusieurs sources européennes affirment à l'inverse que l'Allemagne, qui occupe la présidence tournante de l'UE, et la Commission européenne cherchent à obtenir un accord " à tout prix ".

La contrainte du calendrier se fait pourtant chaque jour plus pressante: la rupture définitive entre le Royaume-Uni et le continent aura lieu le 31 décembre, date à laquelle les Britanniques, qui ont officiellement quitté l'UE le 31 janvier, cesseront d'appliquer les normes européennes.

" Nous sommes vraiment au bout du parcours, mais il y a encore de réelles disparités", reconnaît-on côté britannique.

Sans accord pour régir leur relation au 1er janvier, le Royaume-Uni et l'UE échangeront selon les règles de l'Organisation mondiale du commerce, synonymes de droits de douane ou de quotas, faisant courir le risque d'un nouveau choc économique s'ajoutant à celui de la pandémie de coronavirus. "Ce qui reste à combler est encore assez important", a insisté le diplomate européen.

Lors d'une réunion à 7h30 ce matin, Michel Barnier a déclaré aux 27 envoyés nationaux à Bruxelles que les divergences dans les négociations commerciales au Royaume-Uni persistent, selon un haut diplomate de l'UE qui était présent à la réunion à huis clos.

"Si les négociations continuent la semaine prochaine, l'accord, s'il est trouvé, ne pourra pas entrer en vigueur" le 1er janvier, a averti une source européenne. Vu le manque de temps pour se préparer, des embouteillages monstres de camions sur les routes menant aux ports, des longues files d'attente au contrôle des passeports, voire des pénuries temporaires de certains produits risquent de survenir.Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est dit prêt à une telle option et a assuré que cela n'empêcherait pas le Royaume-Uni de prospérer et de nouer des accords avantageux avec de nombreux pays dans le monde.Mais même en cas d'accord sans droits de douane ni quotas, les entreprises seront soumises à de nouvelles procédures administratives chronophages et à de nouveaux contrôles freinant les déplacements.Le gouvernement a reconnu de "probables perturbations à court terme à la frontière", et a averti des millions d'entreprises des défis à venir.

"Je veux dire à nos pêcheurs, à nos producteurs, aux citoyens qui nous écoutent, que nous n'accepterons pas un accord de mauvaises conditions", a dit Clément Beaune au micro d'Europe 1.

Paris accorde une grande importance à la conclusion d'un accord "satisfaisant" sur la pêche, qui donnerait "un accès durable et large aux eaux britanniques", a réitéré dimanche le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune. "Il n'y a pas de temps à perdre".Les négociations butent toujours sur les garanties réclamées aux Britanniques en matière de concurrence, la manière de régler les différends dans le futur accord et l'accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques. Le risque d'un non-accord "existe" et il "faut s'y préparer", a-t-il par ailleurs répété.

La veille, le Premier ministre, Jean Castex, a martelé que la pêche française ne pouvait pas être "sacrifiée comme variable d'ajustement" dans les négociations commerciales post-Brexit entre l'UE et le Royaume-Uni.

Le gouvernement britannique, qui dispose désormais de moins d'un mois pour arriver à un accord post-Brexit avec les Européens, a pressé mardi les entreprises de se préparer aux changements majeurs qui surviendront dans tous les cas le 31 décembre.

Le négociateur européen Michel Barnier est à Londres depuis le début de la semaine. Il pourrait faire un point avec les Etats membres en fin d'après-midi, mais cette intervention n'a pas encore été confirmée.

Dernières nouvelles