Mariage Peugeot-Fiat : C'est acté

Les actionnaires de PSA valident la fusion avec FCA dans Stellantis

PSA / FCA / Stellantis : L'étoile et son berger

"Nous sommes prêts", a déclaré le président du directoire de PSA et futur directeur général du nouveau groupe issu de la fusion, Carlos Tavares, lors de l'assemblée spéciale.

Bien que la fusion soit présentée comme étant l'union d'entreprises de forces égales, c'est le chef de la direction de PSA Peugeot, Carlos Tavares, qui dirigerait Stellantis, possiblement dès la fin du mois, et qui détiendrait le vote décisif au sein d'un conseil de onze administrateurs.

Quelles sont les contreparties à cette fusion?

L'union des groupes français PSA et italo-américain FCA doit donner naissance au quatrième groupe automobile mondial en termes de véhicules vendus (huit millions de véhicules livrés dans le monde au total en 2019, avant donc la crise sanitaire qui a affecté les marchés), et au troisième en chiffre d'affaires derrière le japonais Toyota et l'allemand Volkswagen. Enfin, la gestion des marques va être délicate, Côté PSA, il y a DS, Opel, côté Fiat - Chrysler, il y a Jeep, Maserati, Alpha Romeo, et d'autres.

Pour les experts, cette fusion entre les groupes est perçue comme une question de survie dans un marché de l'automobile en pleine évolution notamment avec les changements technologiques (voiture à conduite autonome, voitures électriques) et de consommation de carburant.

"Grâce à son union avec PSA, Fiat-Chrysler pourra renforcer sa présence en Europe", ajoute Giuseppe Berta, professeur à l'université Bocconi de Milan et spécialiste de Fiat. Du côté des salariés français, la délocalisation du siège aux Pays-Bas contribue au sentiment de ne plus peser autant dans un groupe où l'épicentre ne sera plus en France mais partagé avec l'Italie et les États-Unis. Fin décembre 2020, la Commission européenne a donné son feu vert au mariage, sous condition que les deux groupes respectent leurs engagements pris pour préserver la concurrence dans les petits utilitaires, où ils détiennent de larges parts de marché.

En particulier, la FCA a accepté de réduire le montant de tout dividende spécial versé à ses actionnaires. La participation du groupe chinois Dongfeng doit être également réduite.

C'est insuffisant, selon le Phitrust Fund, qui détient moins de 1% du capital de PSA et a critiqué un manque "d'équilibre des partis" en faveur des italo-américains depuis l'annonce de la fusion.

PSA et Fiat estiment que les synergies permettront d'économiser à terme jusqu'à cinq milliards d'euros (7,83 milliards $) par an. "Les usines françaises de PSA pourraient devenir la variable d'ajustement, entraînant de lourdes pertes d'emplois", avance le fonds.

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