Les US envisagent des sanctions — Hong Kong

Vaste coup de filet à Hong Kong contre l'opposition pro-démocratie

Hong Kong : coup de filet inédit contre l'opposition

Ces interpellations, dont beaucoup sont liées aux primaires organisées par l'opposition l'été dernier, en sont une nouvelle illustration.

Plus d'un millier de policiers ont procédé mercredi à l'aube à l'interpellation de 53 personnalités pro-démocratie, dont un avocat de nationalité américaine, accusées de " subversion " dans le cadre de cette loi entrée en vigueur fin juin et qui prévoit des peines allant jusqu'à l'emprisonnement à vie.

Le ministre hongkongais de la Sécurité, John Lee, a qualifié ces arrestations de " nécessaires", expliquant qu'elles visaient un groupe de personnes ayant cherché à " noyer Hong Kong dans les abysses ". De l'anonymat. Des membres des partis d'opposition et de la démocratie ont rendu compte sur leurs comptes Facebook et TwitterAu moins 48 arrestations, Plus Sabotage.

Les personnalités interpellées mercredi appartiennent à un spectre très large de la mouvance pro-démocratie.

Selon des proches de Joshua Wong, actuellement incarcéré et l'un des visages les plus connus de la mouvance pro-démocratie, son domicile a été perquisitionné. " Nous sommes profondément préoccupés par l'arrestation mercredi de 53 militants politiques, universitaires, anciens législateurs, conseillers de district actuels, et avocats dans la Région administrative spéciale de Hongkong, et nous demandons leur libération immédiate " a déclaré le Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies. Trois groupes de presse (Stand News, Apple Daily et Inmediahk) ont eu la visite de la police chinoise tandis qu'un cabinet d'avocats engagé dans la défense des droits de l'Homme a été perquisitionné et l'un des avocats y travaillant, l'américain John Clancey aurait été arrêté.

L'opération de police a aussi ciblé les médias. "C'est une vraie nuit des longs couteaux, la plus vaste attaque menée à ce jour contre la démocratie à Hongkong", s'est insurgé l'avocat Antony Dapiran, auteur d'un livre sur les mouvements sociaux à Hongkong.

Nathan Law, un compagnon de route de Joshua Wong qui s'est exilé en juillet, a accusé les autorités de chercher à "éteindre la flamme de la résistance".

" Nous viendrons d'une seule voix pour exprimer sans ambiguïté ce que nous avons vu et ce que nous voyons de la part de la Chine, sapant les piliers qui ont fait de Hong Kong ce qu'elle est - un centre d'échanges et de commerce dynamique", a-t-il déclaré".

Le camp pro-démocratie entendait lors des législatives de septembre capitaliser sur l'immense popularité de la mobilisation de 2019.

Le but des primaires, auxquelles plus de 600 000 Hongkongais ont participé, était d'éviter un éparpillement des votes de l'opposition et de désigner les 35 candidats qui brigueraient ceux des sièges du Conseil législatif (Legco, le parlement local) qui sont attribués au suffrage universel. Les autres sont attribués selon un système alambiqué qui garantit presque à coup sûr la majorité au bloc pro-Pékin.

Ces primaires ont déclenché les foudres de la Chine qui les a présentées comme une "grave provocation", prévenant que la campagne pouvait relever de la "subversion" en vertu de la loi sur la sécurité nationale.

La loi sur la sécurité nationale a été imposée par Pékin, sans discussion au LegCo, pour répondre à la crise politique de 2019, quand Hong Kong avait pendant des mois été le théâtre de manifestations quasi quotidiennes, et parfois violentes, contre les ingérences de la Chine.

Rédigé de façon très floue, ce qui renforce selon ses détracteurs son caractère menaçant, le texte s'attaque à quatre types de crimes: la sécession, la subversion, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères.

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