Polémique après une frappe aérienne de l’armée française — Mali

Plusieurs personnes ont été tuées dimanche dans le centre du Mali l’armée française disant mardi avoir frappé des dizaines de djihadistes avec des avions tandis que des villageois parlaient de civils atteints par un hélicoptère lors d’un mari

Mali : Une frappe aérienne de l'opération Barkhane fait plusieurs victimes dans le centre

Une centaine d'habitants du village de Bonti ont été tués et plusieurs autres blessés par des frappes aériennes, alors qu'ils prenaient part à un mariage, durant la nuit du 3 au 4 janvier en cours. Il n'y a guère que l'armée nationale et Barkhane pour opérer offensivement dans le ciel malien. 19 morts au moins dans une frappe aérienne, selon des villageois. Selon Florence Parly, ministre française des Armées, son pays devrait bientôt réduire ses effectifs militaires au Mali.

Sur la photo, une dizaine de corps enveloppés de linceuls sont étendus dans une cour en terre battue, protégés du soleil par plusieurs rangées d'arbres. "La frappe est le résultat de plusieurs jours de travail de renseignement et d'observation". Il n'y a aucun doute sur la nature du rassemblement ni sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'un mariage, a dit un responsable militaire.

Des villageois joints sur place livrent une autre version.

Egalement, les villageois ont relaté une frappe d'hélicoptère en plein jour semant la panique dans une foule assemblée selon eux pour des noces.

Cela "a été le sauve-qui-peut".

Ahmadou Ghana a dit à l'AFP que deux de ses frères ont été tués. "L'hélicoptère volait très bas, au point qu'on croyait qu'il allait survoler le village", a expliqué Mady Dicko.

"On s'est assuré de la cible", dit-on de même source.

Sollicitées à maintes reprises, les autorités maliennes dominées par les militaires depuis le putsch du 18 août sont restées silencieuses. "La division des droits de l'Homme de la Minusma a initié une enquête", a indiqué un porte-parole.

Les faits survenus à Bounti sont une nouvelle manifestation de l'âpreté du théâtre sahélien. Par la suite, je n'ai rien vu parce que j'étais inconscient, raconte un témoin direct. De cette façon, le type d'aéronef qui a effectué l'attaque n'est toujours pas clair, et donc la force Barkhane ne peut pas être complètement innocentée de la responsabilité de ce crime.

La France a déployé 5 100 soldats dans la région du Sahel, qui est un des principaux fronts dans la guerre contre le militantisme islamiste en Afrique depuis près d'une décennie.

Le Burkina Faso est, avec le Mali et le Niger, l'un des pays les plus touchés par le djihadisme et les violences dans un conflit au Sahel qui ne cesse de s'étendre depuis ses débuts en 2012 dans le nord du Mali. Depuis que les groupes armés - notamment celui de l'imam radical peul Amadou Koufa affilié à el-Qaëda - y ont pris pied en 2015, le centre est le théâtre d'exactions de toutes sortes: attaques contre le peu qu'il reste de l'Etat, massacres, représailles et actes crapuleux.

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