Le réseau social conservateur Parler expulsé d'Amazon, d'Apple et de Google

Le siège de Google près de San Francisco en Californie le 19 novembre 2020

JOSH EDELSON Le siège de Google près de San Francisco en Californie le 19 novembre 2020

L'application Parler, un réseau social prisé des conservateurs et Pro-Trump et l'une des apps des plus téléchargées de l'année 2020, a été retirée des stores et l'accès au site Parler suspendu par son hébergeur Amazon Web Services (AWS).

Si Parler ne trouve pas de partenaires acceptant d'héberger ses données d'ici 08H00 GMT lundi, quand Amazon cessera ses services, son site ne pourra plus fonctionner.

Basé à Henderson, dans le Nevada et lancé par John Matze, un ingénieur informatique, et Rebekah Mercer, une importante donatrice du parti républicain, il fonctionne un peu comme Twitter, avec des profils à suivre et des "parleys " au lieu de tweets. Des applis telles Parler et Gab, qui se focalisent nettement sur la liberté d'expression et sur la protection des droits de l'utilisateus, ont vu ces derniers temps affluer un grand nombre de nouveaux membres. En attendant, nous redéveloppons Parler à partir de zéro', affirme le CEO John Matze dans un communiqué. Au début, elle a attiré des franges ultra-conservatrices, voire d'extrême-droite, toutefois, elle accueille maintenant des voix républicaines, plus traditionnelles.

Y étaient aussi présents des responsables politiques républicains comme le parlementaire Devin Nunes ou la gouverneure du Dakota du Sud, Kristi Noem. La décision de Twitter et de Facebook de bannir définitivement l'actuel président des Etats-Unis, qui entame sa dernière semaine pleine de pouvoir, fait craindre des mesures de rétorsion.

Ce mouvement vers des réseaux sociaux alternatifs comme Parler s'explique en grande partie par le bannissement de Donald Trump de nombreux réseaux grand public outre Twitter, comme Facebook (qui détient également Instagram), Snapchat et Twitch, provoquant le départ de certains de ses soutiens.

De nombreux fans du président américain se sont rués dans la foulée sur les plateformes conservatrices comme Parler ou Gab.

Google a justifié sa décision vendredi en invoquant des messages "incitant à la violence ". Apple a suivi cette décision dans la soirée du samedi. Ces décisions ont compliqué l'accès à l'application sur les appareils mobiles mais les abonnés peuvent toujours y accéder s'ils l'avaient déjà téléchargée ou aller directement sur Internet.

Le réseau social ultra-conservateur ayant gagné les faveurs des Pro-Trump depuis quelques mois n'est plus hébergé par le site depuis le dimanche 10 janvier, à 23h59. Ajoutant: "On va faire tout ce qu'on peut pour revenir en ligne le plus rapidement possible, mais tous les fournisseurs que nous contactons nous disent qu'ils ne veulent pas travailler avec nous si Apple ou Google n'approuve pas ". Et il est difficile de trouver "300 à 500 serveurs informatiques en 24 heures".

Les événements de mercredi dernier, lorsque des partisans de Donald Trump se sont introduit dans le Capitole, à Washington, ont poussé les applications et les géants de la tech à sévir contre les réseaux qui relaient des messages extrémistes.

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