Première exécution fédérale d'une femme en près de 70 ans — États-Unis

Etats-Unis : sursis pour Lisa Montgomery, la femme qui devait être exécutée

Justice: une femme exécutée aux Etats-Unis où les peines capitales s'enchaînent

C'est la première exécution d'une femme en près de 70 ans.

Les défenseurs de Lisa Montgomery ne nient pas la gravité de son crime, mais ses défenseurs estiment qu'elle souffrait de troubles mentaux sévères, conséquences de violences et viols en réunion subis dans son enfance.

A la place, elle l'avait étranglée, lui avait ouvert l'utérus, avait pris le bébé -qui a survécu- et avait abandonnée la jeune femme baignant dans une mare de sang. Lisa Montgomery a reçu une injection létale, mercredi 13 janvier, après le feu vert de la Cour suprême saisie par les avocats de cette femme de 52 ans, condamnée pour avoir assassiné une femme enceinte afin de lui voler son fœtus.

"Les informations présentées à la Cour contiennent de nombreuses preuves que l'état mental actuel de Mme Montgomery est si éloigné de la réalité qu'elle ne peut pas comprendre rationnellement le motif du gouvernement pour son exécution", a écrit le juge dans sa décision.

Le jugement de M Hanlon sera attaqué devant une Cour d'appel par le ministère américain de la justice qui obtient gain de cause.

Fervent partisan de la peine capitale, comme ses électeurs les plus conservateurs, le milliardaire républicain n'a jusqu'ici pas donné suite à leur requête.

L'avocate de Lisa Montgomery, Kelley Henry, a qualifié cette nouvelle exécution de vicieuse, évoquant dans un communiqué la soif de sang d'une administration en faillite.

Après 17 ans de pause des exécutions aux Etats-Unis, l'administration Trump enchaîne depuis l'été les injections létales.

Image non datée fournie par les avocats de Lisa Montgomery exécutée mercredi au pénitencier fédéral de Terre Haute, en Indiana. En quelques mois seulement, pas moins de 10 détenus ont reçu une dose de penthiobarbital, un puissant barbiturique, deux autres devraient, cette semaine, connaître le même sort: Corey Johnson jeudi et Dustin Higgs vendredi.

Là encore, une bataille judiciaire féroce est engagée.

D'anciens gardiens du pénitencier de Terre-Haute ont de leur côté écrit au ministre de la Justice par intérim, Jeffrey Rosen, pour lui demander de reporter ces exécutions "jusqu'à ce que le personnel pénitencier soit vacciné contre le Covid-19 ". Car une exécution mobilise des dizaines de personnes dans un environnement clos, propice à la propagation du virus. Pour cette raison, les Etats américains, y compris le très répressif Texas, ont suspendu les exécutions depuis des mois.

" Dans les dernières heures de la présidence Trump, il y a une course folle pour exécuter des gens qui sont dans les couloirs de la mort depuis des années voire des décennies". "L'UE appelle l'administration américaine à revenir sur sa décision de procéder aux dernières exécutions au niveau fédéral au cours des derniers jours de l'administration actuelle", a-t-il déclaré. "C'est insensé", a dénoncé lundi sur la radio NPR le sénateur démocrate Dick Durbin, en annonçant l'introduction d'une loi visant à mettre un terme aux exécutions fédérales.

Les démocrates ayant repris le contrôle du Sénat, il est possible qu'elle soit adoptée une fois que Joe Biden aura pris ses fonctions d'autant que le futur président des Etats-Unis s'est déclaré opposé à la peine de capitale.

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