Trudeau s'abstient de commenter pendant les discussions — Couche-Tard/Carrefour

Carrefour à Saint-Herblain près de Nantes

Carrefour à Saint-Herblain près de Nantes

Discussions sur un rapprochement "interrompues", mais "opportunités de partenariats opérationnels" à l'étude: au lendemain du veto du gouvernement français sur une fusion, le canadien Couche-Tard et le français Carrefour ont réaffirmé samedi leur volonté de travailler ensemble, quoique sous une forme différente.

Les PDG des deux groupes, Alexandre Bompard pour Carrefour, et Brian Hannasch pour Couche-Tard, ont rivalisé d'enthousiasme devant la révision imposée de leurs plans. Mais, "au vu des récents événements, ces discussions sont interrompues".

Bien que les discussions soient maintenant rompues, elles pourraient reprendre si le gouvernement français changeait de position.

La décision a été prise, selon des sources de Bloomberg, après une rencontre entre Bruno Le Maire, le ministre français de l'Économie, et Alain Bouchard, le fondateur de Couche-Tard.

Pour s'opposer à ce rachat, le gouvernement peut s'appuyer sur la réglementation sur le contrôle des investissements étrangers, qui lui permet de bloquer des opérations de rachat dans l'industrie agro-alimentaire.

Ils évoquent plusieurs domaines de coopération possibles, dont le partage de bonnes pratiques dans la distribution de carburant, le développement d'achats en commun, des partenariats sur le développement et la commercialisation de marques de distributeurs, le partage d'expertise et le lancement d'innovations pour améliorer l'expérience client, et l'optimisation de la distribution de produits sur les géographies communes aux deux groupes.

"Le partenariat prometteur envisagé avec le leader nord-américain Couche-Tard s'inscrit pleinement dans cette stratégie qui nous a déjà permis de retrouver une voie de croissance rentable", ajoute-t-il.

L'argument avait été modérément apprécié du côté du gouvernement fédéral canadien.

Son entreprise a toutefois vu son cours de Bourse dévisser d'environ 10% depuis l'annonce de discussions, les analystes se montrant dubitatifs quant à la "création de valeur" d'un rapprochement entre deux groupes très différents, un champion du format petite taille réalisant 70% de son chiffre d'affaires par la vente d'essence d'une part, un géant des grandes surfaces d'autre part.

Cette fermeté a conduit Couche-Tard à renoncer à son projet d'acquisition, avait appris Reuters vendredi d'une source proche du dossier.

Dernières nouvelles