Allemagne: Armin Laschet élu président de la CDU pour continuer l'ère Merkel

Armin Laschet en 2017

Armin Laschet favorable à la continuité avec Merkel élu président de la CDU

Mais sa gestion de l'épidémie à la tête de la Rhénanie du nord-Westphalie, région la plus peuplée d'Allemagne, lui vaut des critiques.

Si ses qualités de rassembleur ont souvent été louées, il souffre d'une image de responsable " indécis, agissant parfois de manière irréfléchie " qui font douter de sa capacité à diriger la première économie européenne, écrivait récemment le quotidien Süddeutsche Zeitung.

Armin Laschet, candidat modéré favorable à la continuité de l'ère centriste d'Angela Merkel en Allemagne, a été élu ce samedi comme président du CDU (Union Chrétienne-Démocrate), le plus grand parti d'Allemagne. "Armin Laschet est bien dans la continuité d'Angela Merkel en plaçant la CDU au centre-droit", a expliqué sur franceinfo Hélène Miard-Delacroix, professeure à Sorbonne-Université, spécialiste de l'Allemagne contemporaine et des relations franco-allemandes.

Ce proche d'Angela Merkel dont la popularité rejaillit sur lui, devra cependant surmonter un handicap: il a été taxé d'un manque de pugnacité dans la lutte contre le Coronavirus, laissant la vedette au très populaire ministre de la santé, Jens Spahn. Et d'autres prétendants restent en embuscade, dans une Allemagne frappée de plein fouet par la deuxième vague pandémique. Un temps " dauphine " de Mme Merkel, Annegret Kramp-Karrenbauer lui avait succédé à la présidence en 2018, avant d'en démissionner début 2020, faute d'avoir pu s'imposer.

Candidat malheureux en 2018 à la présidence de la CDU, ce jeune ambitieux à la carrière déjà bien remplie ne s'est cette fois pas présenté et a formé un attelage avec M. Laschet.

M. Laschet peut plaire à l'électorat centriste et, s'il est candidat en septembre, bâtir une éventuelle coalition avec les Verts, la deuxième force du pays. Il devrait ainsi exercer de hautes fonctions à la CDU après la victoire de M. Laschet.La tiédeur de son soutien à M. Laschet durant la campagne interne et des rumeurs sur ses supposées ambitions pour la plus haute marche du pouvoir ont créé quelques remous en interne."En tant que membre de la direction de la CDU, il sera certainement très impliqué dans la recherche du futur candidat à la chancellerie". M. Laschet avait ainsi plaidé au printemps pour un assouplissement des restrictions jugé trop précoce par les experts.

Le troisième homme, M. Röttgen, 55 ans, fait figure de parfait outsider.

Sa victoire lui ouvre, en théorie, la course à la succession de la chancelière en vue du scrutin législatif du 26 septembre.

Mais il pourrait trouver sur sa route un rival, Markus Söder, dirigeant du parti frère CSU, devenu une des personnalités préférées des Allemands en prônant des restrictions strictes face à la pandémie. Même s'il s'en défend, ce colosse, qui a su recentrer son positionnement politique ces deux dernières années, rêve d'être invité par la CDU à franchir le pas après une série de scrutins locaux mi-mars. Il a tenu ce matin un discours émotionnel évoquant son père mineur et la solidarité nécessaire. Peu avant, il avait tweeté une photo de sa nouvelle chienne et salué, dans un message sibyllin, la "relève" à venir.

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