La Russie arrête l'opposant Alexei Navalny cinq mois après son empoisonnement — Moscou

L’opposant Alexeï Navalny interpellé dès son retour à Moscou

L'opposant Alexeï Navalny en route vers la Russie en dépit des risques

Devant à l'origine atterrir à l'aéroport Vnoukovo de Moscou, l'avion transportant l'opposant avait été dérouté à la dernière minute vers celui de Cheremetievo.

Le principal critique du Kremlin, Alexei Navalny, est attendu à l'aéroport Vnoukovo de Moscou à 19 h 20 (heure locale).

Les services pénitentiaires russes (FSIN) ont confirmé dans un communiqué avoir arrêté Alexeï Navalny.

Alors qu'une "grave attaque empoisonnée" a été commise sur le sol russe à l'égard de M. Navalny, charismatique militant anti-corruption et ennemi juré du Kremlin, l'Allemagne appelle la Russie à "enquêter de manière approfondie sur cette attaque et traduire les auteurs en justice", a encore dit M. Maas.

Fin décembre, le Service fédéral des pénitenciers (FSIN) a annoncé qu'Alexeï Navalny échappait au contrôle que lui avait confié le tribunal, le traitement en Allemagne étant sur le point de se terminer.

Le Canada a réclamé dimanche la libération immédiate de l'opposant russe Alexei Navalny, jugeant " inacceptable " son arrestation à son retour en Russie, après avoir été soigné en Allemagne pour un empoisonnement présumé. Cela ne l'avait cependant pas empêché de vouloir revenir dans son pays, la Russie.

L'homme de 44 ans s'est dit très heureux de revenir chez lui, assurant n'avoir rien à craindre en Russie.

Je suis certain que tout va bien se passer. "On va m'arrêter? Ce n'est pas possible, je suis innocent", a-t-il martelé, avant d'ajouter: "En Allemagne, c'était bien, mais rentrer à la maison c'est toujours mieux ".

Peu avant, le futur conseiller à la sécurité nationale du président élu américain Joe Biden, Jake Sullivan, a exhorté qu'Alexeï Navalny soit " libéré immédiatement ".

Selon l'ONG spécialisée OVD-Info, 53 personnes au total ont été arrêtées dimanche.

Le chef de file de l'opposition russe était subitement tombé dans le coma en août, alors qu'il revenait d'un voyage en Sibérie. D'abord hospitalisé à Omsk, il avait finalement été évacué vers un hôpital berlinois sous la pression de ses proches. Ils lui reprochent de ne pas s'être présenté auprès d'eux deux fois par mois, comme l'exigent les conditions d'une peine de cinq ans de prison avec sursis à laquelle il a été condamné en 2014. Il est soupçonné d'avoir dépensé pour son usage personnel 356 millions de roubles (environ 6,2 millions de dollars canadiens) de dons.

Trois laboratoires européens ont depuis conclu que l'opposant avait été empoisonné par un agent innervant de type Novitchok, développé à l'époque soviétique à des fins militaires, conclusion confirmée par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) malgré les dénégations de Moscou.

L'opposant accuse les services spéciaux russes (FSB) d'avoir tenté de l'assassiner sur l'ordre direct de Vladimir Poutine. "Lioubov Sobol, Rouslan Chaveddinov, Ilia Pakhomov, le juriste Alexeï Molokoïedov, l'assistant de Navalny Ilia Pakhomov, la directrice de campagne Anastasia Kadetova et Konstantin Kotov ont été arrêtés", a indiqué sur Twitter Ivan Jdanov, l'un des plus proches collaborateurs d'Alexeï Navalny.

S'il est largement ignoré des médias nationaux, non représenté au Parlement et inéligible, Alexeï Navalny reste la principale voix de l'opposition russe, en partie grâce à sa chaîne YouTube aux 4,8 millions d'abonnés et son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), dénonçant la corruption des élites.

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