Des émeutes éclatent, dix ans après la chute de Ben Ali — Tunisie

CP: Y. Gaidi

CP: Y. Gaidi

"S'il y avait quelqu'un pour juger nos abrutis de politiciens". Samedi, le Premier ministre tunisien Hichem Mechichi a annoncé un vaste remaniement de son gouvernement affectant douze ministères notamment ceux de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé. "C'est pour les ennemis", lance joyeusement l'un d'eux faisant allusion aux agents de la police.

Le son des sirènes hurlantes ne couvre pas celui des explosions des feux d'artifice jetés depuis des toits de maisons, d'où des jeunes visaient dès la nuit tombée, à coups de pierres, un important dispositif de police et de la garde nationale (gendarmerie).

Pour leur part, l'Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA) et le Syndicat des Agriculteurs de Tunisie (Synagri) ont condamné, lundi, ces actes de violence et de vandalisme et les attaques aux biens publics et privés enregistrés ces derniers jours, critiquant le " mutisme des gouvernants et leur incapacité à gérer la situation ".

Dans une déclaration accordée à Mosaïque FM, Hayouni a affirmé que des groupes d'individus âgés de 15 à 25 ans avaient brûlé des pneus en caoutchouc et des conteneurs de déchets afin d'entraver les mouvements des unités de sécurité, avant de s'attaquer, pendant le couvre-feu, à des propriétés privées et publiques, ainsi qu'aux policiers qui ont essayé de les disperser. Mais l'homme de 28 ans estime que "c'est la classe politique qui est la cause de ces tensions".

Ces divisions paralysent le pays au moment où l'urgence sociale s'accentue avec la pandémie de nouveau coronavirus (177 231 cas, dont 5 616 décès), qui ajoute la hausse du chômage à celle des prix et met en évidence la défaillance des services publics. Ces mêmes tensions fragilisent le gouvernement largement remanié samedi et en attente d'un vote de confiance.

Le mois de janvier est, enfin, régulièrement le théâtre de mobilisations en Tunisie, car cette période marque l'anniversaire de plusieurs luttes sociales et démocratiques majeures.

Qui se trouve derrière ces mouvements douteux? "Mais avec le Covid, le club est fermé, on ne peut rien faire, maintenant tout ce que je veux c'est partir en Italie". Des échauffourées ont également éclaté au Kef, à Bizerte (nord) et Kasserine (centre-ouest), à Sousse et Monastir (centre-est), selon des médias locaux.

Selon plusieurs témoins, des manifestants ont pillé des magasins dans de nombreuses villes.

"Principalement sur les réseaux sociaux, certains Tunisiens ont attribué ces violences à l'échec de la classe politique à améliorer la situation, d'autres ont appelé à trouver " les parties derrière " ces troubles en les accusant de vouloir " créer le chaos ".

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