Birmanie : les condamnations internationales se succèdent après le coup d'Etat

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi au Japon le 9 octobre 2018. Crédits: Franck Robichon  Pool via Reuters

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi au Japon le 9 octobre 2018. Crédits: Franck Robichon Pool via Reuters

Certains partisans pro-militaires ont célébré le coup d'État, défilant à Yangon dans des camionnettes et brandissant des drapeaux nationaux, mais les militants pro-démocratie ont été horrifiés. L'armée a arrêté tôt dans la matinée la dirigeante et le président Win Myint. Les militaires, qui accusaient la formation d'Aung San Suu Kyi de fraudes électorales lors des législatives de novembre dernier, avaient prévenu le 26 janvier qu'ils n'excluaient pas la possibilité de prendre le pouvoir si le gouvernement ne lui permettait pas de procéder à des vérifications.

Comment la crise a-t-elle commencé?

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Depuis des semaines, l'armée n'a cessé de lancer des accusations d'irrégularités lors de ces élections, les deuxièmes depuis la fin de la dictature militaire en 2011.

Aung San Suu Kyi, le président de la NLD Win Myint et d'autres cadres du parti ont été "pris" aux premières heures de la journée, a déclaré par téléphone à Reuters le porte-parole de la NLD. Mardi, lors d'une conférence de presse, le porte-parole de l'armée n'avait pas exclu une reprise en main du pays par les militaires.

"La transition de la Birmanie [Myanmar] vers la démocratie après cinq décennies de règne militaire a été brutalement interrompue", souligne The Straits Times Au vu de l'ampleur du coup d'État des militaires birmans, difficile d'imaginer "une issue rapide". Les putschistes ont " confié " le pouvoir au chef militaire Min Aung Hlaing et ont imposé l'état d'urgence pendant un an, selon un communiqué d'une chaîne de télévision appartenant à l'armée.

Le contrôle " législatif, administratif et judiciaire " revient à Min Aung Hlaing, qui concentre désormais quasiment tous les pouvoirs.

Le président du Conseil européen Charles Michel, ainsi que la ministre belge des Affaires étrangères Sophie Wilmès, ont rapidement condamné lundi, via Twitter, les derniers évènements en Birmanie. Les deux derniers coups d'Etat, depuis l'indépendance du pays en 1948, remontent à 1962 et 1988.

Comment va réagir la population?

Le parti d'Aung San Suu Kyi, très critiquée à l'international pour sa gestion de la crise des musulmans rohingyas (des centaines de milliers d'entre eux ont ont fui en 2017 les exactions de l'armée et se sont réfugiés au Bangladesh voisin) mais toujours adulée par une majorité de la population, avait remporté une victoire écrasante en novembre.

"À moins que ce problème ne soit résolu, cela va entraver le chemin vers la démocratie et doit donc être résolu conformément à la loi", dit le communiqué, citant une disposition de la Constitution relative à l'état d'urgence en cas de menace pour la souveraineté nationale. Il détient en outre les clés de trois ministères: la Défense, les Affaires frontalières et les Affaires internes.

Il est à rappeler à ce propos que la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a retiré, en novembre 2018, à Aung San Suu Kyi la citoyenneté d'honneur de la ville, un geste "sans précédent" motivé par le silence de la dirigeante birmane sur les violences infligées aux Rohingyas.

Le général Min Aung Hlaing, le 19 juillet 2018 à Rangoun. Le gouvernement d'Aung San Suu Kyi a tenté de l'amender, sans grand succès. Les militaires étaient profondément mécontents d'avoir ainsi " perdu un contrôle significatif sur le processus politique", selon lui.

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