En images. Après la condamnation d'Alexeï Navalny, des manifestations sévèrement réprimées

Le leader de l'opposition russe Alexeï Navalny lors d’une audience au tribunal de Moscou le 2 février

Le leader de l'opposition russe Alexeï Navalny lors d’une audience au tribunal de Moscou le 2 février

Ces poursuites contre le détracteur du Kremlin, qui a survécu à un empoisonnement en août, ont nourri de nouvelles tensions russo-occidentales et un mouvement de contestations en Russie. "Son déplacement devient encore plus important pour faire passer des messages forts de l'UE sur les droits de l'homme", a confié un diplomate à l'AFP.

L'opposant avait été arrêté le 17 janvier, à son retour en Russie. " Vous ne pourrez pas emprisonner tout le pays!".

Actuellement incarcéré, M. Navalny a été introduit dans la cage de verre réservée au prévenu juste avant que la cour ne déclare l'audience ouverte, vers 11 h 20. Il " entrera dans l'histoire comme l'Empoisonneur de slips ", a-t-il lâché.

En décembre, M. Navalny avait affirmé dans une vidéo avoir piégé au téléphone un agent du FSB qui révélait que le poison avait été appliqué sur un de ses sous-vêtements dans son hôtel en Sibérie. Il a adressé des signes de coeur à son épouse Ioulia. "Il y a beaucoup d'argent de Poutine en Europe", a-t-il dit. Demain le haut représentant de l'union européenne pour la politique étrangère Josep Borrel sera à Moscou pour plaider à nouveau la cause d'Alexeï Navalny et même tenter de la rencontrer.

Un tribunal de Moscou a ordonné ce mardi l'emprisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny pour plus de deux ans, révoquant le sursis d'une précédente condamnation, une décision suivie d'un appel à manifester de ses partisans. Une condamnation avec sursis que la Cour européenne des droits de l'Homme a ensuite dénoncée, l'estimant " arbitraire et manifestement déraisonnable ".

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Il s'agirait de la première longue peine de détention pour M. Navalny. Moscou refuse toute ingérence dans ses affaires intérieures et a mis en garde les Européens contre la "bêtise" de conditionner l'avenir de leur relation avec la Russie au sort de l'opposant.

Près de 300 personnes demandant sa libération ont aussi été arrêtées mardi, selon l'ONG spécialisée OVD-Info, alors que les alliés de l'opposant avaient appelé à un rassemblement devant le tribunal.

Outre cette affaire, M. Navalny est la cible de multiples procédures. Vendredi, il doit comparaître pour diffamation envers un ancien combattant après avoir critiqué une publicité pro-Kremlin dans laquelle il apparaissait. Il a appelé depuis à des manifestations qui, malgré leur interdiction, ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes en Russie les 23 et 31 janvier.

La contestation en Russie intervient en outre à quelques mois des législatives prévues à l'automne, sur fond de chute de popularité du parti du pouvoir Russie unie.

Ces protestations sont aussi alimentées par la diffusion par le Fonds de lutte contre la corruption (FBK) d'Alexeï Navalny d'une enquête accusant Vladimir Poutine d'être le véritable bénéficiaire d'un "palais" monumental sur les rives de la mer Noire, vue plus de 100 millions de fois sur YouTube.

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