Violences sexuelles : Georges Tron condamné à trois ans de prison ferme

L'ancien maire de Draveil, Georges Tron lors de son procès en appel pour viols et agressions sexuelles le 17 février 2021 à la cour d'assises de Paris

Prison requise contre un ancien ministre accusé de viols

Mercredi 17 février, la cour d'assises de Paris l'a condamné en appel à cinq ans de prison, dont trois ferme.

En revanche, Georges Tron a été acquitté pour les faits dénoncés par Eva Loubrieu, la deuxième plaignante dans cette affaire.

Son ex-ajointe à la mairie de Draveil, Brigitte Gruel, également accusée, a été condamnée à deux ans de prison avec sursis pour complicité de viol et d'agression sexuelle en réunion. "Elles ont d'abord été physiquement dures et parce qu'elles ont obligé à aller au fin fond de soi-même", avait déclaré Georges Tron ce matin, vêtu d'un costume sombre, dans ses derniers mots à la cour.

Cette décision a sonné comme un coup de théâtre dans ce feuilleton long de dix ans, marqué par la démission de Georges Tron du gouvernement Fillon en 2011, une ordonnance de non-lieu infirmée et l'acquittement des deux accusés en première instance en 2018. Georges Tron, lui, a écouté la sentence sans laisser transparaître la moindre émotion.

Dans le sillage des avocats des parties civiles la veille, le ministère public a mis l'accent sur un "mécanisme d'emprise" qu'aurait exploité Georges Tron dans ses relations avec ses détractrices. Le verdict a été annoncé par la Cour d'Assises de Paris, après plus de 11 heures de délibération.

Deux anciennes employées de la mairie de Draveil (Essonne) accusaient Georges Tron de leur avoir imposé des attouchements et pénétrations digitales entre 2007 et 2010, généralement lors de scènes de triolisme avec son adjointe à la Culture d'alors, Brigitte Gruel. Dans une atmosphère lourde, il a remis sa montre à son avocat, Me Antoine Vey, puis est allé se placer dans le box vitré des accusés.

Les deux accusés soutenaient que les "mensonges" des plaignantes participaient d'un "complot" fomenté par les adversaires politiques de Georges Tron dans l'Essonne.

Le maire de Draveil Georges Tron a été condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont trois ans de prison ferme, assortie d'une peine d'inéligibilité de six ans. Escorté par des gendarmes, il a été placé en détention.

Une thèse qui s'est "délitée" à l'audience, a considéré l'avocat général.

Rendu public quelques jours après l'éclatement de l'affaire Dominique Strauss-Kahn en mai 2011, ce dossier a été jugé en appel en plein débat sur les violences sexuelles et les rapports de pouvoir entre hommes et femmes.

Massages de pieds, mensonges, retournements de veste, enregistrements clandestins, "omerta", descriptions crues de scènes sexuelles trioliques. D'après eux, cet ascendant moral constitue une forme de contrainte - l'une des caractéristiques du viol et de l'agression sexuelle dans le code pénal. Pendant quatre semaines aux longues journées, la cour s'est plongée dans le microcosme de la mairie de Draveil, commune de banlieue parisienne que Georges Tron dirige depuis 1995.

L'un comme l'autre, ils ont continué de nier les faits qui leur étaient reprochés.

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