Facebook interdit le partage d’articles de presse en Australie

Facebook a bloqué les pages officielles des médias australiens ce jeudi

Facebook a bloqué les pages officielles des médias australiens ce jeudi. maxppp- LUKAS COCH

Les internautes du pays, eux, ne peuvent ni voir ni partager des articles de presse, même internationaux. Il estime que " ces mesures sont inutiles et vont nuire à sa réputation ici en Australie ".

D'un claquement de doigts, Facebook a effacé jeudi de son réseau social toutes les publications des médias australiens, qui ne peuvent plus utiliser la plateforme. Ces éléments constituent une " réponse à la nouvelle loi australienne sur la négociation des médias ".

Avec cette décision, la plateforme a également fermé certaines pages gouvernementales, comme les pages de la Santé publique, où sont partagées les mises à jour sur la situation de coronavirus, ou comme la page du Bureau de la météorologie.

Avec cette mesure radicale, Facebook a adopté une approche éloignée de celle de Google alors que les géants américains, accusés par les groupes de presse australiens de détruire leur modèle économique dans le domaine publicitaire, avaient jusque-là fait front commun contre le projet de loi.

Google s'est également offusquée de cette nouvelle loi avant de négocier des accords avec le groupe News Corp.de Rupert Murdoch.

Le gouvernement australien et Facebook sont en contact suite à l'ampleur croissante de la polémique. Pour le premier réseau social au monde, la position de Google et Facebook face à la presse est fondamentalement différente puisque Google indexe le contenu automatiquement tandis que tout est posté volontairement sur Facebook.

Comme l'explique une déclaration de Facebook, cette décision fera que les Australiens ne pourront plus partager des informations et ne permettra pas non plus à d'autres utilisateurs dans le monde de partager des articles d'éditeurs australiens.

"La proposition de loi interprète mal la relation entre notre plateforme et les éditeurs", se justifie Facebook.

Facebook a augmenté de manière exponentielle les opportunités pour la désinformation, le radicalisme dangereux et les théories du complot d'abonder sur sa plateforme.

Le gouvernent australien ainsi que des groupes de presse ont dit s'inquiéter d'une éventuelle prolifération de fausses informations.

"La tournure des événements est alarmante et dangereuse", a déclaré Human Rights Watch dans un communiqué.

Dans l'après-midi, un grand nombre de pages fournissant des informations gouvernementales avaient été restaurées, mais les pages Facebook de plusieurs organisations caritatives, d'ONG et de l'ensemble des médias étaient toujours en "blackout" - y compris la presse étrangère comme la BBC, le New York Times et le Wall Street Journal. "Couper l'accès à des informations vitales à tout un pays en pleine nuit est inadmissible ", a-t-elle dit.

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