Pedro Sánchez condamne les violences après l'incarcération d'un rappeur — Espagne

Crédits Reuters

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Des dizaines de personnes ont été interpellées le 16 février au soir à Barcelone.

Le rappeur Pablo Hasél est devenu pour beaucoup un symbole de la liberté d'expression en Espagne après sa condamnation pour des tweets dans lesquels il insultait les forces de l'ordre espagnoles et s'en prenait à la monarchie.

Des manifestants affrontent la police sur l'une des places principales de Madrid. La justice reprochait au rappeur, de son vrai nom Pablo Rivadulla Duró, plusieurs tweets datant de plus de 5 ans dans lequel il accusait la police espagnole des tortures et des assassinats: "50 policiers blessés?"

"Ils ne nous arrêteront pas, ils ne nous feront jamais plier, malgré toute la répression", avait crié, le poing levé, le rappeur, escorté par des policiers, selon des images de son arrestation diffusées par la télévision espagnole.

"Ils devront venir m'enlever et cela servira aussi à dépeindre l'État sous son vrai visage, celui d'une fausse démocratie", déclarait-il ainsi vendredi à l'AFP. "Mort à l'Etat fasciste!", a-t-il encore clamé en regardant les caméras au moment d'entrer dans un véhicule des "Mossos d'Esquadra".

Une manifestation étudiante était prévue vendredi à la mi-journée à Barcelone, en Catalogne, région d'origine de ce rappeur, Pablo Hasél, où la mobilisation est la plus forte.

Un manifestant jette des pierres sur la police à Barcelone. Des individus portant des capuches ont de nouveau enflammé des poubelles, jeté des projectiles contre les forces de l'ordre et attaqué notamment l'immeuble abritant le journal El Periódico de Cataluña.

À Barcelone, mercredi, les manifestants ont lancé des projectiles contre la police et incendié des barricades.

Des scènes qui se sont répétées à Lérida, ville natale du rappeur où il a été arrêté.

La condamnation de Hasél avait provoqué un tollé en Espagne, où quelque 200 artistes, dont le réalisateur Pedro Almodovar et l'acteur Javier Bardem, ont pris position en sa faveur.

La porte-parole de l'exécutif María Jesús Montero avait ainsi reconnu la semaine dernière "un manque de proportionnalité" dans la peine infligée au rappeur.

Sur la défensive, le gouvernement avait également promis "une réforme" pour que les "excès verbaux commis dans le cadre de manifestations artistiques, culturelles ou intellectuelles" ne relèvent plus du droit pénal et ne se traduisent plus par des peines de prison. Une affaire qui relance le débat sur la liberté d'expression dans le pays.

L'affaire est d'autant plus délicate pour M. Sánchez que les manifestations ont reçu l'appui public de Podemos, un petit parti de gauche radicale qui est le partenaire des socialistes au sein de la coalition gouvernementale. "Tous ceux qui se considèrent progressistes et se vantent de la 'pleine normalité démocratique' (de l'Espagne), devraient avoir honte".

Il s'agissait d'une allusion à des commentaires très controversés de son chef et vice-président du gouvernement, Pablo Iglesias, qui a déclaré la semaine dernière qu'il n'y avait pas "de pleine normalité politique et démocratique en Espagne".

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