Le vent du Sahara souffle des particules radioactives jusqu'en France — Essais nucléaires

Ciel jaune du 6 février: du Césium-137 résidu d’anciens essais nucléaires français relevé dans le sable venu du Sahara

Sable du Sahara : du Césium-137, résidus d’essais nucléaires français retrouvé dans les poussières

Un membre du laboratoire Acro (association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest) a analysé des retombées issues du nuage de sable du Sahara qui a survolé une partie de la France le 6 février rapporte France Info. "Ce jour-là (jour de pluie de sable, ndlr), c'était très étrange, nous avons chaussé les raquettes tôt le matin, la neige était blanche, au fil de la balade tout a changé, ça a duré toute la journée".

Cet élément était utilisé par la France dans les années 60 pour les essais nucléaires qu'elle effectuait dans le Sahara, au sud de l'Algérie.

Ciel jaune du 6 février: du Césium-137 résidu d’anciens essais nucléaires français relevé dans le sable venu du Sahara
Ciel jaune du 6 février : du Césium-137, résidu d'anciens essais nucléaires français relevé dans le sable venu du Sahara

Avec un mouchoir en papier, il a pris un échantillon de sable qui couvrait sa voiture. "Il s'agit d'un radioélément artificiel qui n'est donc pas présent naturellement dans le sable et qui est un produit issu de la fission nucléaire mise en jeu lors d'une explosion nucléaire", explique le scientifique français, qui a toutefois indiqué que ces traces de césium-137 "sont sans danger pour notre santé". Il y a 30 ans, au moment de la création de cette association créée après la catastrophe de Tchernobyl, les observateurs avaient déjà analysé du sable en provenance du Sahara qui contenait des traces de Césium-137. Au-delà de son caractère exceptionnel et spectaculaire en plein hiver, ce sable est venu rappeler à la France ses expériences nucléaires en Algérie, et qui ont lui permis de se doter d'une arme de destruction massive.

Ce phénomène naturel chargé de Césium-137, et de par conséquent d'histoire, est intervenu à quelques jours du 61 anniversaire des essais nucléaires français dans le désert algérien, menés le 13 février 1960. "Au bout de sept cycles de trente ans, on considère qu'il ne reste que 1% de substances radioactives". Au Sahara, " la population vit avec ces traces de césium-137 au quotidien, certains terrains sont toujours fortement contaminés, cela donne une idée de la contamination de l'époque " rappelle Pierre Barbey. Le premier se déroule en juillet 1966 sur l'atoll de Moruroa. La France les a officiellement stoppés le 29 janvier 1996. Le scientifique explique que le Césium-137 a une période de demie vie de 30 ans, tous les 30 ans, il perd la moitié de sa teneur radioactive.

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