Les États-Unis durcissent le ton contre Moscou — Empoisonnement de Navalny

Alexei Navalny

Washington publie la liste des responsables russes qu’il sanctionne sur fond d’affaire Navalny

S'adressant à la presse lors d'une conférence téléphonique, des responsables de l'administration Biden ont annoncé que Washington avait décidé, en coordination avec l'Union européenne (UE), de sanctionner sept hauts responsables du gouvernement russe, en gelant notamment leurs avoirs aux États-Unis.

Les Etats-Unis ont annoncé mardi sanctionner des hauts responsables russes.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE sont convenus le 22 février d'imposer des sanctions contre quatre hauts responsables russes proches du président Vladimir Poutine dans une réponse avant tout symbolique à l'empoisonnement d'Alexeï Navalny. Parmi eux, le directeur du FSB et l'adjoint au chef de l'administration présidentielle.

Il s'agit des premières sanctions contre la Russie annoncées par Joe Biden qui, depuis son arrivée au pouvoir, le 20 janvier, a adopté un ton beaucoup plus ferme à l'égard de Moscou que son prédécesseur républicain Donald Trump.

Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé dans un communiqué diffusé mardi 2 mars au soir une "attaque anti-russe hostile" faisant partie d'une "politique américaine dénuée de logique et de sens qui ne fait qu'endommager encore davantage les relations bilatérales" avec Moscou. Outre les sanctions en lien avec l'affaire Navalny, des responsables ont évoqué que l'administration prévoyait répondre prochainement au piratage massif par la Russie d'agences gouvernementales fédérales et de sociétés privées qui ont mis à nu les vulnérabilités de la chaîne d'approvisionnement informatique et révélé des secrets potentiellement sensibles aux espions d'élite du Kremlin.

"Les Etats-Unis ne cherchent ni à réinitialiser ses relations avec la Russie, ni à les intensifier", a dit un autre responsable de l'administration Biden.

"Nous pensons que les Etats-Unis et ses partenaires doivent être clairs et imposer des mesures de rétorsion lorsque le comportement de la Russie dépasse les lignes définies par des nations responsables (.)", a-t-il ajouté. Moscou est aussi soupçonné d'avoir tenté d'intervenir dans les élections américaines l'an dernier.

Avant l'officialisation des sanctions américaines, des sources interrogées par Reuters avaient indiqué que Washington comptait s'appuyer sur deux décrets, dont l'un publié après l'invasion par la Russie de la Crimée qui permet à l'administration de sanctionner des représentants russes.

Les deux décrets prévoient le gel des avoirs aux Etats-Unis des personnes ciblées et l'interdiction pour les entreprises et individus du pays de négocier avec elles.

L'opposant de 44 ans est visé par de multiples procédures judiciaires depuis son retour en Russie après cinq mois de convalescence en Allemagne, où il se remettait de son empoisonnement.

De leur côté, Moscou a appelé les Etats-Unis à "ne pas jouer avec le feu".

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