Voici pourquoi l'ex-président n'ira pas en prison — Nicolas Sarkozy condamné

Affaire des écoutes: pourquoi la condamnation de Nicolas Sarkozy est historique

Nicolas Sarkozy reconnu coupable de corruption, condamné à trois ans d'emprisonnement

Condamné à trois ans d'emprisonnement, dont un ferme, pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite "des écoutes", Nicolas Sarkozy est sorti abasourdi de l'audience.

C'est la première fois qu'un ancien président de la Ve République est condamné à de la prison ferme.

"L'affaire n'est pas uniquement judiciaire, elle est devenue politique pour au moins deux raisons".

Le tribunal correctionnel de Paris a ainsi rendu son jugement après de lourdes réquisitions, en décembre.

La décision du tribunal est historique.

Le parquet national financier (PNF) avait requis quatre ans de prison, dont deux avec sursis, contre l'ancien chef de l'Etat.

Il a été renvoyé en correctionnelle pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012, dans le cadre de l'affaire Bygmalion.

Jean-Pierre Door, qui avait soutenu Nicolas Sarkozy lors de la primaire de la droite avant la présidentielle de 2017, réagit "très mal: c'est purement scandaleux et c'est un acharnement contre un homme qui a quand même été président de la République!". Car pour l'heure, les affaires n'empêchent pas l'ancien chef de l'Etat de garder la main sur la droite. Elle a ajouté qu'en tant qu'ancien avocat, il " était parfaitement informé des obligations déontologiques " de son avocat.

Une dizaine de leurs conversations ont été retranscrites.

Les juges découvrent alors que Nicolas Sarkozy utilise une ligne téléphonique secrète, ouverte sous l'alias de "Paul Bismuth", pour communiquer avec son avocat Thierry Herzog. En échange, la promesse d'un soutien pour un poste à Monaco. Une justice à deux vitesses, qui laisse croupir les plus précaires pendant que Sarkozy et ses semblables effectuent leurs peines dans des conditions luxueuses. Une interdiction d'exercer la profession d'avocat pendant 5 ans a également été prononcée à l'encontre de M. Herzog.

Face à un désert de preuves, ils ont plaidé à l'unisson la relaxe des prévenus, qui encourent 10 ans de prison et un million d'euros d'amende.

Sollicités par l'Agence France-Presse, ils n'ont pas souhaité s'exprimer avant le délibéré. Ainsi, celui qui est coupable de corruption et trafic d'influence devra réaliser sa peine... à domicile. Visant à identifier une éventuelle taupe ayant pu informer en 2014 Thierry Herzog que la ligne Bismuth était branchée, elle a conduit à faire éplucher leurs factures téléphoniques détaillées.

Cette enquête a été classée près de six ans après son ouverture et " cachée " à la défense, selon eux. Trois magistrats du parquet financier, notamment son ancienne cheffe Eliane Houlette, sont visés depuis septembre par une enquête administrative, dont les conclusions sont imminentes.

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