Arrivée vendredi à Bagdad du pape François pour une visite historique — Irak

Malgré les violences et la pandémie, le pape François entame une visite historique en Irak

Le pape François en Irak, l'un des voyages les plus dangereux qu'il aura effectués

Le pape François a atterri ce vendredi 5 mars à 11h55 heure française à Bagdad, entamant la première visite d'un souverain pontife en Irak et son tout premier déplacement à l'étranger depuis le début de la pandémie de Covid-19, a constaté une journaliste de l'AFP. Un pays occupé en partie par le groupe État islamique entre 2014 et 2017 et ravagé par les exactions et les destructions du terrorisme islamiste.

Samedi et pour la première fois de l'histoire, le pape sera reçu dans la ville sainte de Najaf par le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité pour de nombreux chiites d'Irak et du monde. "L'Irak tout entier attend cette visite avec impatience, chrétiens comme musulmans, sabéens ou yazidis", explique Ameer Jajé, tout en décrivant les rues de Bagdad parsemées de drapeaux entremêlés de l'Irak et du Vatican. Sur quoi ce type d'entretien peut-il déboucher? Il a maintenu à son agenda cette visite en Irak, déjà envisagée en 2015.

Le programme du Pape François en Irak est ambitieux.

Le pape François souligne aussi son " désir de prier ensemble (...) avec les frères et sœurs d'autres traditions religieuses", considérant le peuple irakien comme " une unique famille de musulmans, juifs et chrétiens ". "À Nadjaf, au sud de la capitale, ils ont installé un poster géant sur un immeuble de onze étages, avec des portraits du Saint-Père et du Grand Ayatollah al-Sistani, figure de l'islam chiite", sourit ce membre fondateur du Conseil irakien pour le dialogue interreligieux.

Ses étapes aux quatre coins du pays rassembleront quelques centaines de personnes seulement, à l'exception d'une messe dimanche dans un stade d'Erbil au Kurdistan, en présence de plusieurs milliers de fidèles ayant réservé leur place à l'avance.

Pour Saad al-Rassam, chrétien à Mossoul, toujours en reconstruction après la guerre contre l'EI, ce voyage tombe à point nommé dans ce pays dont le taux de pauvreté a doublé à 40% en 2020.

Comme à chaque fois, François commencera vendredi par un discours devant les dirigeants irakiens. Au cours des dernières années, la communauté chrétienne en Irak s'est réduite à peau de chagrin: ils sont aujourd'hui environ 400.000, contre 1,5 million il y a vingt ans.

Un appel au retour "obligatoire", mais "difficile", convient le cardinal Sandri, tant l'Irak va depuis quarante ans de guerre en crise politique ou économique.

Selon la fondation "Aide à l'Église en détresse", seuls 36 000 des 102 000 chrétiens partis de Ninive sont revenus. Et parmi eux, un tiers dit prévoir de quitter le pays d'ici à 2024 par peur des miliciens et en raison du chômage, de la corruption et des discriminations.

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