Immunité levée, le carrousel reprend — Puigdemont

L’eurodéputé indépendantiste catalan Carles Puigdemont

L’eurodéputé indépendantiste catalan Carles Puigdemont

Ce mardi, le Parlement européen a levé l'immunité de l'ex-président de la région de Catalogne, actuellement en exil. Puigdemont et Comin, installés en Belgique depuis 2017 pour échapper aux poursuites espagnoles. Pour Clara Ponsati, les autorités judiciaires d'Ecosse, où elle vivait, avaient également suspendu cette examen, dans l'attente de la décision des eurodéputés.

L'ancien président de la Catalogne ne se faisait toutefois pas beaucoup d'illusions. Ils totalisent 417 des 705 députés alors que la majorité simple était requise.

"Le vote sur notre immunité ne concerne pas seulement nous trois, Clara Ponsati, Toni Comin et moi-même en tant qu'individus".

Pour Carles Puidgemont, ce vote portait sur "l'idée que nous nous faisons de la démocratie et l'avenir que nous voulons bâtir en Europe", avait-il averti lundi sur Twitter.

Les deux autres messages de ce vote, a poursuivi la ministre, portent sur le fait qu'un eurodéputé "ne peut se prévaloir de son statut pour éviter de comparaître devant une justice nationale" et sur "la solidité de l'État de droit en Espagne".

Tous trois élus au Parlement européen en 2019, ils sont poursuivis par la justice espagnole pour " sédition " et, dans le cas de MM. Le gouvernement espagnol s'est félicité, mardi 9 mars, de ce vote du Parlement européen estimant que cette issue montrait que "les problèmes de la Catalogne se résolvaient en Espagne" tandis que l'ex-président de la région s'est insurgé contre "une persécution politique".

Ils ont dénoncé la nature politique des procédures engagées contre eux et ont annoncé leur intention de saisir la Cour de justice de l'Union européenne.

Une récente décision de la justice belge a toutefois de quoi rassurer les indépendantistes. En janvier dernier, cette juridiction a refusé d'exécuter un mandat d'arrêt européen visant un autre ancien ministre régional indépendantiste, mettant en avant "un risque sérieux de violation de son droit à un procès équitable en Espagne ". L'un d'eux étant que "les problèmes de la Catalogne se résolvent en Espagne, ils ne se résolvent pas en Europe", selon une brève déclaration de la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha González Laya. La levée de l'immunité le ressuscite.

Le juge espagnol en charge du dossier envisage de déposer un renvoi préjudiciel devant la Cour de justice de l'Union européenne pour que le tribunal qui siège au Luxembourg se penche sur les critères suivis par les tribunaux belges pour refuser d'exécuter ses mandats d'arrêt.

Mais d'ores et déjà, l'affaire Puigemont cause une grande division au sein du gouvernement de coalition.

Trois eurodéputés indépendantistes catalans, dont Carles Puigdemont, ont perdu leur immunité parlementaire.

Plusieurs anciens dirigeants catalans restés dans leur pays, comme Oriol Junqueras, purgent de lourdes peines de prison en Espagne pour l'organisation du référendum. Les eurodéputés doivent se prononcer à bulletins secrets dans la soirée.

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