Macron et l'espoir d'une refondation de la relation avec le Rwanda

Génocide au Rwanda : Macron a reçu un rapport qui accable la France

Macron et l'espoir d'une refondation de la relation avec le Rwanda

"Nous espérons que ce rapport pourra mener à d'autres développements dans notre relation avec le Rwanda" et que, "cette fois, la démarche de rapprochement pourra être engagée de manière irréversible", a déclaré l'actuel locataire de l'Elysée suite à la remise du rapport.

Il pourrait marquer un tournant dans la relation entre les deux pays, empoisonnée depuis plus de 25 ans par les violentes controverses sur le rôle de la France au Rwanda.

Ce rapport d'une commission d'historiens, remis vendredi au président Emmanuel Macron, affirme que la France " est demeurée aveugle face à la préparation " du génocide et porte des " responsabilités lourdes et accablantes " dans cette tragédie, qui a fait au moins 800 000 morts essentiellement tutsis.

Un bémol qui n'a pas échappé à Hubert Védrine, secrétaire général de la présidence française au moment du génocide, qui a salué "l'honnêteté" du rapport et souligné qu'il "écarte toute complicité de la France".

Le rôle central de MitterrandLe rôle de François Mitterrand, président de la République à l'époque, est particulièrement pointé du doigt.

Il raconte des décideurs "enfermés" dans une grille de lecture "ethniciste" post-coloniale et décidés à apporter, contre vents et marée, un soutien quasi "inconditionnel" au régime "raciste, corrompu et violent" du président rwandais Juvénal Habyarimana, face à une rébellion tutsi considérée comme téléguidée depuis l'Ouganda anglophone. Le silence observé auprès du président français d'alors en la personne de François Mitterrand serait lié selon le document à sa trop grande proximité avec Juvénal Habyarimana.

La responsabilité de la France est indéniable, d'abord dans la politique qu'elle mène au Rwanda de 1990 à 1993.

Il y a une "obstination à caractériser le conflit rwandais en termes ethniques, à définir une guerre civile là où il y a une entreprise génocidaire", écrivent les historiens. "Elle a réagi tardivement " avec l'opération militaro-humanitaire Turquoise entre juin et août 1994, " qui a permis de sauver de nombreuses vies, mais non celles de la très grande majorité des Tutsi du Rwanda exterminés dès les premières semaines du génocide", ajoutent-ils. Depuis, la France a entretenu des relations tendues, voire exécrables, avec le Rwanda, marquées par la rupture des relations diplomatiques en 2006. Il est aussi l'objet d'un débat violent et passionné entre chercheurs, universitaires et politiques.

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