Ouïghours : la Chine riposte aux sanctions occidentales

D'après des études réalisées par des instituts australiens et américains, au moins un million d'Ouïghours ont été internés dans des " camps " et certains soumis à du " travail forcé " dans des champs de coton du Xinjiang. La polémique visant Nike grandissant, un acteur et une actrice très connus en Chine, Wang Yibo et Tan Songyun, ont, à leur tour, annoncé jeudi couper leurs liens avec la marque, dont ils étaient les ambassadeurs d'image.

La décision de H & M et de Nike de ne plus s'approvisionner en coton dans la région du Xinjiang - celle-là même la minorité musulmane des Ouïghours est réprimée - a déclenché une violente polémique en Chine, alors que le gouvernement chinois réfute de plus en plus fermement les accusations de violation des droits humains dans cette région autonome du nord-ouest de la Chine. Les États-Unis, l'Union européenne, le Royaume-Uni et le Canada ont imposé lundi des sanctions coordonnées contre des dirigeants passés ou actuels de cette région où Pékin impose depuis quelques années une surveillance policière drastique.

La Maison Blanche a prévenu vendredi qu'elle suivait de près la question du travail forcé au Xinjiang, après que des entreprises, notamment américaines, font l'objet de campagnes de défiance en Chine pour s'être engagées à ne pas utiliser de coton provenant de la région chinoise.

Signe d'une possible intervention de l'exécutif, c'est la Ligue de la jeunesse communiste, une organisation affiliée au parti au pouvoir, qui avait lancé les hostilités sur Weibo. "Diffuser des rumeurs et boycotter le coton du Xinjiang, tout en espérant gagner de l'argent en Chine?".

Les produits de la marque suédoise avaient été retirés mercredi des principaux sites de vente en ligne en Chine. "Vous rêvez!", avait-elle écrit. "Les surfeurs ont appelé au boycott des produits de la chaîne de mode populaire et l'ont appelé à quitter le marché chinois". "Nous n'avons nul besoin de nous lancer dans des intimidations", a indiqué la porte-parole Hua Chunying lors d'un point-presse.

L'institut Aspi, financé par les autorités australiennes mais aussi étrangères (notamment américaines), accusait H&M l'an dernier de s'être approvisionné auprès de structures utilisant de la main-d'oeuvre ouïghoure provenant de "camps de rééducation".

H&M China a déclaré dans un communiqué mercredi qu'il n'endossait "aucune position politique" et restait engagé sur le long-terme en Chine. Le communiqué du groupe suédois datant de 2020 n'était par ailleurs plus visible ce jeudi sur son site internet - signe d'un possible retrait. Sur Weibo, d'autres noms de marques ayant adopté des positions similaires contre le coton chinois circulaient ce jeudi: Zara, Gap, New Balance ou encore Fila, laissant entrevoir de potentielles conséquences sur leurs affaires.

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