Des arrestations, l’ex-prince héritier assigné à résidence — Jordanie

Accusations de complot en Jordanie: que se passe-t-il avec la famille royale

Accusations de complot en Jordanie: que se passe-t-il avec la famille royale ?AFP

Alors que la Jordanie doit célébrer son centenaire le 11 avril, le royaume est agité. Ce petit pays discret de dix millions d'âmes cerné par de célèbres voisins - Israël, la Syrie, l'Irak et l'Arabie saoudite - revient soudain sous les feux de l'actualité car un coup d'État y a été déjoué samedi soir.

Le demi-frère du roi et ancien prince héritier, Hamza Ben Hussein, a également été "appelé à arrêter toute activité qui puisse nuire à la sécurité du royaume ". Et d'expliquer, " Le chef d'état-major jordanien a demandé au prince Hamzah d'arrêter toutes activités affectant la Jordanie, mais Son Altesse n'a pas répondu et a traité cette demande de manière négative.

Hamza est le fils aîné du roi Hussein, décédé en février 1999, et de son épouse américaine, la reine Noor, née Lisa Halaby.

Selon Ayman Safadi, une "personne ayant des liens avec les services de sécurité étrangers a été en contact avec la femme du prince Hamza et lui a proposé de mettre à sa disposition un avion pour qu'elle quitte la Jordanie vers un pays étranger".

Aussi, un jour après des arrestations massives qui ont visé jusqu'à 20 hauts responsables, le gouvernement jordanien a accusé dimanche l'ancien prince héritier Hamzeh bin Hussein et plusieurs de ses complices de coopérer avec des entités étrangères pour poursuivre un complot à long terme visant à déstabiliser le Royaume et de promouvoir la sédition.

"Les enquêtes initiales ont montré que ces activités et mouvements avaient atteint un stade qui affectait directement la sécurité et la stabilité du pays, mais sa majesté a décidé qu'il était préférable de parler directement au prince Hamza, de traiter cette question au sein de la famille pour éviter qu'elle ne soit exploitée", a poursuivi Aïman Safadi.

Selon lui, les services de sécurité ont recommandé au roi Abdallah II de déférer toutes les personnes mises en cause devant la Cour de sûreté de l'État.

Le prince Hamza a annoncé, samedi, avoir été "assigné à résidence" dans son palais, à Amman. Il a nié avoir pris part à un complot, et accusé les autorités de son pays de "corruption" et d'"incompétence".

"Dans les faits, c'est entre l'ancienne reine Noor, mère [américaine] d'Hamza, et le roi Abdallah II, qu'il y a réellement des tensions, explique Antoine Basbous".

Samedi soir et dimanche, l'ensemble des monarchies du Golfe ont unanimement fait bloc derrière le souverain jordanien en apportant leur plein soutien à son pouvoir, dans des déclarations séparées. "Le Royaume du Maroc réitère sa solidarité entière avec le Royaume Hachémite de Jordanie", ajoute la note du ministère.

Le département d'Etat américain a aussi réagi en assurant que le roi Abdallah était un "partenaire clé" des États-Unis et qu'il "bénéficiait de [leur] soutien total".

"Nous suivons de près ces informations et sommes en contact avec les responsables jordaniens", a indiqué Ned Price, un porte-parole du département d'État.

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