Heiko Maas : les récents développements du nucléaire en Iran " pas positifs "

Israël veut mettre en péril les plans nucléaires iraniens

L’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz. Maxar Technologies Handout via Reuters

Les récents développements en Iran concernant l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz ne sont " pas positifs " pour le cours des négociations sur l'accord nucléaire de 2015, a estimé lundi le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

Le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, a toutefois semblé minimiser l'événement en déclarant lundi que "le centre de distribution d'électricité" de l'usine de Natanz, dans le centre du pays, avait été touchée par une "petite explosion", vers "cinq heures du matin" dimanche.

Les centrifugeuses visées par ce sabotage permettraient d'enrichir de plus grandes quantités d'uranium à des niveaux de raffinement interdits par les accords de Vienne de 2015 qui encadrent le programme nucléaire iranien.

Le site de Natanz constitue le cœur du programme d'enrichissement d'uranium de la république islamique d'Iran et il est surveillé par les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui dépend des Nations unies. "En prenant pour cible les centrifugeuses - incluant potentiellement celles qui venaient d'être dévoilées la veille -, Israël veut enlever à l'Iran un peu, voire même beaucoup de son pouvoir de négociation et cherche à convaincre Washington que rien ne presse et qu'il ne faut pas revenir à l'accord sous n'importe quelles conditions", souligne-t-il.

"Avec cette action, le régime sioniste a bien sûr essayé de se venger du peuple iranien pour la patience et la sagesse dont il a fait preuve (en attendant) la levée des sanctions" américaines, a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, lors d'une conférence de presse à Téhéran.

"Faites savoir à tout le monde qu'elles seront assurément remplacées par des machines plus avancées", a-t-il ajouté, promettant que "la réponse de l'Iran sera la vengeance contre le régime sioniste au moment et à l'endroit opportun". "Mais nous ne permettrons pas (qu'Israël fasse dérailler les discussions de Vienne) et nous nous vengerons des sionistes pour ces actions", aurait-il déclaré, selon la même source, lors d'une réunion à huis clos au Parlement consacrée à l'attaque contre Natanz.

L'accord de Vienne est moribond depuis le retrait américain en 2018, sous la présidence de Donald Trump, qui a rétabli une avalanche de sanctions économiques et financières contre Téhéran. Joe Biden, qui a succédé à M. Trump en janvier, a signalé son intention de réintégrer l'accord de Vienne.

En riposte, l'Iran a commencé à s'affranchir de ses engagements à partir de mai 2019, accélérant le rythme ces derniers mois, avec la mise en service samedi et le test de nouvelles cascades de centrifugeuses.

Début juillet, une usine d'assemblage de centrifugeuses perfectionnées à Natanz avait été gravement endommagée par une mystérieuse explosion.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, et M. Rohani a répété samedi que toutes les activités nucléaires de son pays étaient purement "pacifiques". Les autorités ont conclu à un "sabotage" d'origine "terroriste" mais n'ont pas encore fait connaître les résultats de leur enquête.

"Un accord avec l'Iran qui ouvrirait la voie aux armes nucléaires (.) ne serait d'aucune façon contraignant pour nous", a affirmé mercredi M. Netanyahu à propos des discussions de Vienne.

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