Tension à Jérusalem : des dizaines de Palestiniens blessés

Jérusalem appels à de nouvelles manifestations après des heurts et plus de 200 blessés

Heurts entre manifestants palestiniens et policiers israéliens sur l'esplanade des Mosquées le 7 mai 2021 à Jérusalem- Ahmad GHARABLI

Des heurts ont éclaté quand des Palestiniens ont commencé à lancer des projectiles en direction de la police israélienne qui a répliqué en faisant usage de grenades assourdissantes et en tirant sur des manifestants avec des balles en caoutchouc, a constaté un photographe de l'AFP.

Depuis plusieurs jours, après la rupture du jeûne du ramadan, des accrochages nocturnes opposent la police à de jeunes Palestiniens dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, où de nombreuses familles palestiniennes sont menacées d'expulsion au profit de colons juifs. La police israélienne a compté 17 blessés dans ses rangs.

Au moins 178 manifestants et six policiers ont été blessés lors de ces heurts sur le site, l'un des plus sacrés de l'islam, appelé mont du Temple par les Israéliens, ont déclaré la police israélienne et des sources médicales palestiniennes.

L'Union européenne a appelé samedi les autorités politiques et religieuses israéliennes et palestiniennes à agir de "toute urgence" pour une "désescalade" des tensions à Jérusalem, dans un communiqué publié par le porte-parole du chef de la diplomatie européenne. Ces manifestations sont les plus violentes à Jérusalem depuis les heurts ayant fait 125 blessés fin avril. "Pour sa part, le coordinateur de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, s'est dit " profondément préoccupé " par la situation et appelé à la " responsabilité et au calme ". "La violence et l'incitation sont inacceptables et les auteurs de chaque partie doivent être tenus pour responsables", a-t-il insisté.

Alliés clé d'Israël, les Etats-Unis ont appelé vendredi "les responsables israéliens et palestiniens à agir de manière décisive pour désamorcer les tensions et mettre un terme à la violence".

De son côté, le président palestinien Mahmoud Abbas a reproché à Israël les "développements dangereux dans la Vieille Ville" de Jérusalem. Le porte-parole du Département d'État américain Ned Price a indiqué durant la même journée qu'il était "essentiel " d'éviter toute action susceptible d'aggraver la situation.

L'UE juge par ailleurs "très préoccupantes" les expulsions de familles palestiniennes à Sheikh Jarrah et dans d'autres quartiers de Jérusalem-Est. Au moins 88 Palestiniens ont été hospitalisés depuis, la plupart d'entre eux ayant été blessés au visage ou aux yeux. "L'occupation israélienne doit réaliser que la résistance est prête à défendre (la mosquée) Al-Aqsa à tout prix", a affirmé le Hamas, tandis que des partis arabes israéliens ont appelé à des manifestations dans les villes à majorité arabe d'Israël.

Les violences de vendredi ont coïncidé avec la "Journée d'Al-Qods (Jérusalem en arabe)" célébrée annuellement dans des pays de la région et principalement en Iran, ennemi juré d'Israël, en soutien aux Palestiniens.

Les nouvelles violences surviennent dans un contexte de vives tensions à Jérusalem-Est mais aussi en Cisjordanie, autre territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

La Jordanie, pays qui est officiellement le gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem-Est, a dénoncé une "agression sauvage" des forces de sécurité israéliennes.

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