Vaccins anti-Covid : l'UE divisée à Porto sur la levée des brevets

Macron épinglé sur les brevets des vaccins

Vaccins/Covid/brevets: décision historique des Etats-Unis

"Nous devons évidemment faire de ce vaccin un bien public mondial", estime le locataire de l'Élysée. "Le sujet, nous le savons aujourd'hui, n'est pas (la levée des brevets)". Ce qui n'est pas le cas de la France qui, comme le rappelle franceinfo, " plaide plutôt pour des dons en faveur des pays les plus démunis.

Le 5 mai, Cédric O, ministre du numérique et proche de l'Elysée, assurait, encore, à l'Assemblée: "Est-ce qu'une levée des brevets serait de nature à répondre au défi? Cela hérisse les laboratoires, car ils vont voir disparaître la propriété intellectuelle de leurs vaccins, mais la demande était portée par une soixantaine de pays dont l'Afrique du Sud ou l'Inde et à laquelle s'étaient toujours opposés les Occidentaux dont Emmanuel Macron", indique Matthieu Croissandeau, éditorialiste politique à BFM TV.

Pour l'Espagne, "La propriété intellectuelle ne peut pas être un obstacle pour mettre fin au Covid-19 et s'assurer de l'accès équitable et universel aux vaccins", mais la levée seule ne sera pas suffisante pour garantir l'accès aux vaccins des pays en développement. Alors pourquoi un tel changement de braquet de la part du président, qui lui vaut depuis hier un torrent de sarcasmes?

Le président américain Joe Biden a apporté ce mercredi son soutien à une mesure portant sur la renonciation aux droits de propriété intellectuelle pour les vaccins contre le Covid-19, une annonce inattendue qui a suscité une réaction favorable de la France sur le principe tandis que l'Union européenne s'est dite prête à en discuter.

Il y a les annonces et puis il y a les actes, ont semblé dire à Joe Biden des dirigeants européens visiblement piqués au vif. "Notre sujet, c'est de transférer la technologie et de savoir-faire pour qu'il y ait des plateformes qui produisent des vaccins à ARN messager en Afrique, c'est ça la clé", a poursuivi Emmanuel Macron. "Il s'agit d'une crise sanitaire mondiale et les circonstances extraordinaires de la pandémie de Covid-19 appellent des mesures extraordinaires", justifie sa négociatrice commerciale en chef, Katherine Tai.

Angela Merkel, elle, est restée inflexible. "L'Allemagne est l'un des principaux financeurs de l'initiative internationale Covax, permettant d'accélérer la vaccination des pays en développement", s'est défendu la chancelière.

"Emmanuel Macron a appelé hier " les Anglo-saxons " à arrêter de " bloquer " les exportations de vaccins et des ingrédients nécessaires pour les produire, ce qui permettrait de renforcer " la solidarité " vaccinale mondiale." Aujourd'hui (.) 100 % des vaccins produits aux Etats-Unis vont au marché américain", a-t-il déclaré à son arrivée au sommet européen de Porto.

"Plus de 200 millions de doses produites en Europe ont été exportées, soit autant de vaccins que l'UE n'en a fourni à ses propres citoyens", a souligné la présidente de la Commission.

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