Washington exige la libération de l'opposant arrêté

Le Boeing 737 de la compagnie Ryanair stationne à l'aéroport international de Minsk

Le Boeing 737 de la compagnie Ryanair stationne à l'aéroport international de Minsk. AFP

La Lituanie a réclamé une réponse de l'Union européenne et de l'Otan, l'Allemagne a demandé des explications immédiates et la présidente de la Commission européenne qualifié le comportement de la Biélorussie de "tout à fait inacceptable".

Dimanche, un opposant biélorusse a été arrêté après le détournement vers Minsk d'un avion de ligne qui faisait la liaison Athènes-Vilnius.

L'actuel rédacteur en chef de Nexta, Tadeusz Giczan, a raconté que "quand l'avion est entré dans l'espace aérien bélarusse", des agents du KGB, soutenant qu'une bombe était à l'intérieur, avaient "déclenché une bagarre avec le personnel de Ryanair". L'aéroport de Minsk, cité par l'agence de presse officielle Belta, a déclaré dans un premier temps que l'alerte à la bombe ayant entraîné un atterrissage d'urgence vers 12H15 GMT s'était révélée "erronée" après une fouille de l'appareil.

Le média d'opposition Nexta a affirmé que son ancien rédacteur en chef Roman Protassevitch avait été arrêté après l'atterrissage d'urgence à l'aéroport de la capitale de la Biélorussie de cet appareil, un Boeing 737 de la compagnie Ryanair en provenance d'Athènes et avec pour destination Vilnius en Lituanie. Sur Twitter, elle a assuré que Roman Protassevitch "encourt la peine de mort au Biélorussie ".

Le président Alexandre Loukachenko a quant à lui donné l'ordre personnellement à un avion de chasse MiG-29 d'intercepter l'avion après cette alerte, a dit son service de presse.

En novembre, les services de sécurité bélarusses (KGB), hérités de la période soviétique, avaient inscrit les noms de M. Protassevitch, et du fondateur de Nexta, Stepan Poutilo, sur la liste des "individus impliqués dans des activités terroristes".

Mais la protestation s'est progressivement essoufflée face à des arrestations massives, des violences policières ayant fait au moins quatre morts, un harcèlement judiciaire permanent et de lourdes peines de prison infligées à des militants et à des journalistes. Nexta ("Quelqu'un" en bélarusse) avait notamment coordonné les rassemblements à travers le Bélarus, diffusant des mots d'ordre et permettant de partager les photos et les vidéos des rassemblements et de la violente répression des autorités. D'après les images du site internet spécialisé flightradar24, le Boeing a été intercepté au-dessus du territoire bélarusse, juste avant la frontière avec la Lituanie, un pays balte membre de l'Union européenne. Selon Svetlana Tikhanovskaïa, figure de l'opposition en exil, Roman Protassevitch risque désormais la peine de mort.

Quelles sont les réactions internationales?

Les dirigeants de l'Union européenne avaient averti qu'ils tenaient le Bélarus pour "responsable" du sort de l'appareil, l'appelant à laisser "tous les passagers" repartir et poursuivre leur voyage.

" L'incident ne restera pas sans conséquences", a ajouté le président du Conseil européen.

Réunis en sommet lundi et mardi à Bruxelles, les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept discuteront de "possibles sanctions" contre le Bélarus, en plus de celles le visant déjà et qui ont conduit son président Alexandre Loukachenko à se rapprocher davantage de son homologue russe Vladimir Poutine.

La première ministre lituanienne Ingrida Simonyte à l'arrivée du vol Ryanair à Vilnius le 23 mai.

Quelques heures plus tard, l'ambassadeur de Biélorussie à Paris a été convoqué au ministère français des Affaires étrangères. Pays voisins du Bélarus, la Pologne a parlé d'"acte de terrorisme d'Etat" et la Lituanie, qui a accordé le statut de réfugié à Roman Protassevitch, a dénoncé un "acte abject".

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