L'UE va fermer son espace aérien aux avions bélarusses — Vol RyanAir détourné

Atterrissage forcé d'un avion de Ryanair au Belarus - L'Union européenne demande une enquête internationale

L'UE va débattre de nouvelles sanctions contre la Biélorussie

Un vol de la compagnie irlandaise Ryanair qui reliait Athènes à Vilnius a été détourné, dimanche 23 mai, au moment où l'avion traversait l'espace aérien biélorusse et forcé d'atterrir à l'aéroport de Minsk.

Après un entretien avec le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan, Svetlana Tikhanovskaïa a appelé sur Twitter "les Etats-Unis à isoler le régime et à faire pression avec des sanctions".

Dans une vidéo diffusée lundi à la télévision publique biélorusse, l'opposant, face caméra, affirme: "le personnel se comporte avec moi de façon tout à fait adéquate et en respectant la loi".

Les médias d'opposition ont affirmé que Roman Protassevitch avait des traces sur le visage, ce qui laisserait présager, selon eux, de possibles mauvais traitements.

Placé sur une liste d'individus impliqués dans des activités terroristes, l'opposant encourt la peine de mort.

Emmanuel Macron est en effet favorable à ce que l'opposition biélorusse soit invitée au G7 de juin, si les Britanniques le veulent, a indiqué ce mardi l'entourage du président français, qui se trouve à Bruxelles pour un Conseil européen. "Contourner l'espace aérien d'un assez grand pays, situé au centre de l'Europe, est très coûteux pour n'importe quelle compagnie aérienne", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

D'importantes compagnies aériennes, comme Air France, Singapore Airlines ou Lufthansa ont annoncé qu'elles contourneront l'espace aérien de la Biélorussie, une recommandation de l'UE.

Près de 2 000 appareils effectuant des vols commerciaux empruntent chaque semaine l'espace aérien de la Biélorussie, a précisé l'organisation Eurocontrol.

" Je ne pourrai pas partir voir mes proches ou aller quelque part cet été, mais c'est un prix à payer pour des vies humaines", juge Kristina, une traductrice, sous couvert d'anonymat. "Je salue la nouvelle selon laquelle l'Union européenne a appelé à des sanctions économiques ciblées et d'autres mesures, et j'ai demandé à mon équipe de réfléchir aux options appropriées pour faire rendre des comptes aux responsables, en coordination étroite avec l'Union européenne, d'autres alliés et partenaires et des organisations internationales", a-t-il ajouté.

Le régime d'Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, est déjà ciblé par de multiples sanctions occidentales pour avoir durement réprimé un mouvement de contestation inédit qui a vu des dizaines de milliers de personnes défiler dans les rues en 2020 à l'occasion de la présidentielle d'août, jugée "truquée" par les Européens.

Le régime biélorusse n'a cependant fait qu'accroître la répression, emprisonnant ou forçant à l'exil ses détracteurs.

Vivant en exil en Lituanie, Roman Protassevitch est poursuivi au Bélarus pour "organisation de troubles massifs", un crime passible de 15 ans de prison.

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