Discours de Loukachenko mercredi, réunion du Conseil de sécurité attendue — Bélarus

Echange de vues entre Charles Michel et Ursula von der Leyen sous le regard attentif du chancelier autrichien Sebastian Kurz

Echange de vues entre Charles Michel et Ursula von der Leyen sous le regard attentif du chancelier autrichien Sebastian Kurz.- Reuters

"C'est un mensonge absolu (de dire) que l'avion a été forcé d'atterrir par un Mig 29", a-t-il martelé, "la mission de l'avion de chasse était d'établir la communication, d'accompagner l'atterrissage de l'avion de passagers en cas de situation d'urgence".

"Nous n'avons pas pris la décision". A bord de cet avion se trouvait l'opposant Roman Protasevitch.

Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mercredi en milieu de journée une réunion informelle d'urgence à huis clos sur le sujet, ont indiqué à l'AFP des sources diplomatiques.

Le jeune homme est un ancien rédacteur en chef de l'influent média d'opposition Nexta, qui avait aidé la mobilisation en masse des Bélarusses lors de la contestation de 2020.

Le dissident et sa compagne sont apparus dans des vidéos tournés en prison où ils confessent leurs crimes.

Nos adversaires de l'étranger et à l'intérieur du pays ont changé leurs méthodes pour attaquer notre Etat.

"Ils sont passés de l'organisation d'émeutes à l'étape de la strangulation", a-t-il assuré, dans une référence apparente au mouvement de contestation de 2020 qu'il attribue à une opposition pilotée par l'Occident.

Le chef de l'État a dénoncé une "guerre hybride moderne" contre son pays, qui est un "théâtre d'expérimentation pour ensuite aller vers l'Est".

Natalia, 46 ans, la mère du photographe et militant, dit n'avoir pas dormi depuis deux nuits, serrant son téléphone dans ses mains, dans l'espoir de recevoir des nouvelles.

Alexandre Loukachenko a affirmé avoir agi "légalement" en déroutant un avion civil sur Minsk après une alerte à la bombe, rejetant l'accusation d'avoir détourné le vol pour arrêter un opposant. La chancelière allemande Angela Merkel a jugé la version bélarusse, faisant état d'une menace de bombe attribuée au Hamas palestinien, d'"absolument pas crédible".

La transcription de l'échange entre les contrôleurs et le pilote, publiée mardi par Minsk, montre que les autorités ont insisté pour que l'appareil se pose au Bélarus et non pas dans des pays voisins.

L'aéroport de Minsk était devenu ces dernières années un centre régional très utilisé par les ressortissants ukrainiens, géorgiens ou baltes, notamment car l'Ukraine et la Géorgie, du fait de leur conflit avec Moscou, n'ont pas de liaison directe avec la Russie.

Exilée en Lituanie, l'ex-candidate à la présidentielle Svetlana Tikhanovskaïa a appelé Washington et l'UE à adopter toujours plus de sanctions pour isoler le régime de Loukachenko.

Après le discours de M. Loukachenko, le Kremlin a dit jeudi ne pas avoir "de raisons de ne pas croire les déclarations des dirigeants bélarusses".

Le régime d'Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, est déjà ciblé par de multiples sanctions occidentales pour avoir durement réprimé un mouvement de contestation inédit qui a vu des dizaines de milliers de personnes défiler dans les rues en 2020 suite à la présidentielle d'août, jugée "truquée" par les Européens.

Le régime biélorusse n'a cependant fait qu'accroître la répression, emprisonnant ou forçant à l'exil ses détracteurs.

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