Emmanuel Macron reconnaît la responsabilité de la France — Génocide

Le nouveau centre culturel francophone du Rwanda qui vient d'ouvrir à Kigali

Le nouveau centre culturel francophone du Rwanda qui vient d'ouvrir à KigaliAFP

"Même demander pardon, il ne l'a pas fait", a ainsi déclaré à l'AFP le président d'Ibuka Egide Nkuranga. Selon elle, la France est "respectée quand elle se grandit, pas quand elle s'abaisse", pas "quand elle se flagelle pour des fautes qui ne sont pas les siennes". Au mémorial du génocide de la capitale, le président a rencontré des survivants et des familles de victimes avant de reconnaître, à la tribune, la responsabilité de la France dans le drame.

La France "n'a pas été complice " mais elle a fait "trop longtemps prévaloir le silence sur l'examen de la vérité", a-t-il déclaré.

Pendant une centaine de jours après l'attentat contre l'avion du président hutu Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, plus de 800.000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés par l'armée et les milices hutues rwandaises interahamwe, selon un décompte de l'Onu.

Ces mots du président français ont été favorablement accueillis par le président rwandais Paul Kagame pour qui le discours d'Emmanuel Macron "avait plus de valeur que des excuses".

"En s'engageant dès 1990 dans un conflit dans lequel elle n'avait aucune antériorité, la France n'a pas su entendre la voix de ceux qui l'avaient mise en garde, ou bien a-t-elle surestimé sa force en pensant pouvoir arrêter ce qui était déjà à l'œuvre".

" En voulant faire obstacle à un conflit régional ou une guerre civile, elle restait de fait aux côtés d'un régime génocidaire".

Le président français n'a pas formulé d'excuse ou de repentance de la France. Il a aussi considéré comme "indispensable" de juger les génocidaires qui vivraient en France, qui fait partie de sa "dette" à l'égard du Rwanda. Son homologue rwandais Paul Kagame a qualifié le discours de Macron d'acte d'"immense courage" qui a "plus de valeur que des excuses".

L'accueil des Rwandais était cependant plutôt positif.

Les autorités françaises ont arrêté l'an dernier en région parisienne Félicien Kabuga, financier présumé du génocide des Tutsis.

Le président d'une des plus importantes associations de soutien aux victimes du génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda a regretté jeudi que le président français Emmanuel Macron n'ait pas présenté des excuses dans son discours sur le rôle de la France dans le génocide.

Emmanuel Macron devrait concrétiser ce réchauffement en proposant le retour d'un ambassadeur de France et en inaugurant un centre culturel francophone.

"Mais la relation entre nos deux pays ne sera jamais totalement conventionnelle". Un chargé d'affaires est actuellement à la tête de l'ambassade de France à Kigali, où le poste d'ambassadeur est vacant depuis 2015.

Aujourd'hui, le chef de l'Etat français poursuivra son voyage en se rendant à Prétoria en Afrique du Sud où il abordera notamment la question de la production des vaccins contre le Covid.

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