Un variant "triple mutant" vient d'être découvert en Inde

Le Matin - Covid-19: Le «variant indien» inquiète l'OMS

Inde: New Delhi sous le choc d'une flambée de covid

Il pourrait être la cause de 55% des contaminations dans l'État du Maharashtra, celui de Bombay, la capitale économique de l'Inde, pas plus de 10% dans le reste du pays, même si cette augmentation des cas pourrait aussi s'expliquer par plusieurs rassemblements de masse ces dernières semaines. "Il est donc beaucoup plus difficile de dire si ce nouveau variant est beaucoup plus délétère que les autres", explique Karine Lacombe.

Des experts indiens et étrangers interrogés par le magazine Nature se disent aussi inquiets, car l'épidémie est repartie de plus belle dans des régions du pays où on pensait qu'une bonne partie de la population avait déjà contracté la COVID lors de la première vague. Alors que le "double mutant" indien a déjà été détecté dans plusieurs pays du monde, notamment au Royaume-Uni, à Singapour, en Australie et aux États-Unis, l'émergence de cet énième variant ne pousse pas à l'optimisme. "Pour l'instant, on n'a aucun élément pour dire que le variant indien passe à travers les mailles du filet", assure M. Mishra auprès du journal Le Monde.

D'autre part la parole politique qui a entraîné un relâchement de la population: le ministre indien de la santé Harsh Vardhan avait déclaré début mars que le pays en avait presque fini avec l'épidémie comme le rélève la BBC.

Ces deux mutations sont connues pour diminuer l'immunité face au virus de 50%. Les vaccins actuellement administrés pourraient ainsi ne pas être complètement efficaces.

En Inde, le niveau de vaccination est limité: il est donc très probable que ce variant a évolué à la suite de la sélection de variants viraux échappant partiellement aux anticorps présents chez les patients précédemment infectés. Il s'agit de deux mutations du virus qui forment un seul variant. Aucun vaccin ne protège 100 % des gens, et on ne devrait jamais s'inquiéter qu'une seule personne soit infectée après avoir été vaccinée, avec quelque variant que ce soit. Il y a la mutation 484, que l'on connaît bien maintenant et qui joue sur la protéine Spike, qui est celle qui est en partie responsable des échappements immunitaires (moindre efficacité du vaccin, réinfection). Mais là non plus, la plus grande contagiosité de ce variant n'est pas établie scientifiquement.

Le Brésil, l'Afrique du Sud, et l'Inde? Les prédictions sur base des études moléculaires suggèrent donc qu'il sera plus infectieux que la souche originelle mais cela n'est pas démontré expérimentalement à ce jour car une telle démonstration prend du temps.

"On n'a pas de données robustes sur le détail exact de ce que ce virus est capable de faire". Il est donc important d'assurer un suivi de la propagation permise par l'ensemble des variants qui circulent. Mais, quoi qu'il en soit, s'il est déjà dans d'autres pays européens, il risque de se diffuser dans les semaines ou les mois qui viennent comme observé récemment pour le variant anglais. Il faut donc rester vigilants, et il sera probablement nécessaire de prévoir des boosts vaccinaux pour l'hiver prochain tenant compte des variants.

"Il est certain que la deuxième phase est beaucoup plus rapide parce que beaucoup de gens ont laissé tomber la distanciation et les masques".

Le virus circule-t-il en Europe?

Le Royaume-Uni a restreint lundi les vols en provenance de ce pays à ses seuls résidents, après la confirmation de 103 cas de variant "indien" sur son territoire, et la France a ajouté mercredi l'Inde à la liste de pays dont les voyageurs sont soumis à une quarantaine obligatoire.

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